La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

I.,\ REYCE SOCIALISTE Jeux cent tr<.:nte-six sections, rcprésc11tant près de deux mille collectivistes-anarchistes, avaient e1woyé des mandataires. Et, ta11dis que les a11archistes s'alliaic11t aux radicaux pour re11,·crser le roi Amédée, les marxistes, co11traircme11t :\ l'a,·is de Lafargu<: et de ;\lésa, se confinaient sur le terrain éco11omiquc cxclusi,·ement. L'Espag11e est restée, durant de longues années, le foyer le plus ardent des doctrines anarchistes. Les illusions que l'a,·è11ement de la république fédérale de Pi y i\largall :\\'aient fait naître furent de courte durée. La constitution YOtéc fut des plus démocratiques; mais la lutte entre la faction des pacifiques et des i11trn11sig,.n11ts fut elle qu'elle entraina, apri:s des conflits sanglants, la chute de la république. Pi y Margall, et, à son tour, SJlmcron se démirent de leurs fonctions de préside11t; Castelar, plus hardi, assuma la tàche de n'.:primcr les soulevemcnts. Les émeutes éclatèrent de toute part, et, pour échapper aux fédéralistes et aux carlistes, la bourgeoisie espagnole appela au trône Alphonse XII. Parmi ces 110111brcusesinsurrectio11s, il en est qui ont revêtu un caractère purement socialiste; tels les essais communalistes de Cadix et de la révolution de Carthagène. Voici l'un des principaux décrets édicté par la « Junte sou,·eraine de salut public de Carthagène » : Considérant que la propriété est un des droits les plus !(:gitimcs de l'homme, lorsqu'elle est le résultat de son travail ; Considéram qu'une des nécessités les plus urgentes de la r~rnlution et un des principes les plus élémentaires de notte doctrine régénératrice est d'établir une séparation absolue entre la propriété bien acquise et la propriété mal :icquisc, cmr~ celle qui est juste et celle qui est injuste ; Considérant que, de kmps immémorial et par suite des systèmes absolutistes qui ont gouverné notre pays, ks forces vives de la production et de la richesse se sont trouvées, d,1115leur presque totalité, paralysées et improductives entre les mains d'une (iouzaine de familles privilégiées, qui les ont acquises par droit de conquête ou pr donations royales ; Considérant que c'est !il, avec d'amrcs raisons économiques du même ordre, la cause première de notre infériorité relative dans le développement industriel et commercial en comparaison des'autres nations, infériorité qui fait, au gr,md scandale de la logique, du pays le plus riche en productions naturelles le pavs le plus pauvre; Considérant que les privilèges économiques sont l'élément principal de la force qu'emploient les classes en possession des monopoles pour combattre les droits sacrés du peuple ; Considér:tnt que la révolution veut aholir ces abus, détruire ces vieux privilèges et rc,·endiquer partout la justice économique; Considérant que la révolution doit s.mver les finances publiques et faire face :ntx difficultés que l'avidité et l'orgueil d'autres familles privilégiées ont créées au trésor public de notre malheureuse nation, par les luttes intestines qui la déchirent;

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