La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE Lors de la Commune de P.iris, k gou,·crnemcnt s'émut et proposa aux Cortès un projet de loi contre les menées de l'Internationale. Une premi~rc fois, apn'.:s de viokntcs discussions, cc projet fut repoussé. Le gouvernement ne se tint pas pour battu. De nombreux procès furent intcnt..:s pour d0lit de presse ou de propagande. ?\lais l'acte le plus important de cette politique n:gressive fut l'interdiction du second congn,s ounier de la r0gion espagnole, qui devait avoir lieu en juilkt 1Sïr, ù \·,ilence. Les délégués ne tinrent aucun compte de cette interdiction, et organisén::nt dans la même ville une conf0rence privée. Les résolutions rnt0es furent d'autant plus violentes qu'elles étaient plus entr.l\Ù:s. Les gouvernants s'obstirn'.rent, et, aprés Je longs débats aux Cort.:s, l'association intcrnation:dc des travailleurs fut mise hors la loi comme « une association contraire ù la constitution du royaume et tomb,rnt sous le coup de la loi et du code pénal, parce qu'elle compromet b sécurité du pays et la tr:rnquillité publique, en niant Dieu, l'État, la propriétt'.:, la famille ». Les pern'.cutions, loin d'atteindre les rt'.:sultats désirés, m:: firent qu'augmenter le nombre des adhcrents. Lors de la conft'.:rcnce de \'alcnce, en septembre 1871, la fédéra/ion régionale cspag110/e, qui ne comptait que treize féd0rations locales, en comprenait, trois mois plus tard, plus de cinquante déjà constituces et plus de cent en voie de formation. Sur tous les points de l'Espagne, en moins de six mois, et dans tous les corps de métiers, plus de cinquante gn'.:vcs éclat!'.rent et triomphi:rent. Ces faits amencrent Sagasta, alors au pou,·oir (1872), à édicter une ordonnancc menaçant de scvir cncrgiquement. .\1algré tout, les fédi:ratiom locales se constituèrent en assemblée, et, le 31 janvier 18ï2, le conseil f0déral espagnol publiait un n1a11ifcstede protestation contre la circulaire du ministre. En m0mc temps, en dépit des menaces gouvernementales : Le conseil fédéral, décidé :, faire son devoir jusqu'au bout, com·oqua les délégués des fédérations locales, pour le 6 avril, à Saragosse, afin de célébrer le deuxième congrès espagnol, comme il a,·ait été convenu à la conférence de \'alencc. La convocation se terminait ainsi Il faut que la classe ouvrière, exploitée, persécutée, calomniée par ceux-là même qu'clk fait vivre, réponde aux provocations du pouvoir en se réunissant p.tcifiqucmcnt à Saragosse pour traiter des problèmes qui se rapportent à son émancipation, qui sera l'émancipation de l'humanité. Mais si les pouvoirs, représentants de la classe possédante, essayaient d'empêcher cette réunion pacifique tks enfants du travail, souvenez-vous qu'il ne se sera jamais présent~ dans l'hist0irc, d'une manii:rc aussi claire et aussi pressante, l'occasion de déclarer la guerre sociale, la guerre des classes, la guerre entre les pam-rcs et les riches ... Si cc cas arrivait, l,1classe ouvrière saurait faire son devoir.

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