588 LA RE\'UE SOCIAi !STE vemcnt des impôts directs. li utilisa d'abord le mir dans un but fiscal (tout en faisant son possible pour k détruire comme unité sociale et économique): la commune fut rendue solidairement respons,1ble de la rél:(ubrité du paiement de ses membres indi\'iducls. L'article 188 dit qu'en cas de retard dans k paiement des impots le paysan subir,1 la co11tr,1i11tcp,1r corps a,·ec tr,1\'aux obligatoires, ses biens seront saisis et ,·end us aux encht'.:res. Si, dans la commune, le nombre des retardataires est considérable, la police doit d'abord, scion l'article 190, commencer p,tr « contraindre »; mais, en cas d'insucc<'.s de cette mesure d'intimidation, la commune est cn\·ahic par la force publique : police, armée, etc ... , - et les biens \·end us aux cnchcrcs « en l'absence des paysans ». L'article 5 51 du « Rt'.:glemcnt concernant le recouYrcment des impôts » rend les gouYcrncurs des proYinccs rcsponsabks de la rentrée n:gulicre des impôts : « Les goun:rncurs, en cas de faiblesse, tourneront contre CLlx-mo:mcstoute la scYérité des lois et l.1 coll'.:n; de la justice »; l'article 55 2 dit que « les fonctionnaires coupables de faiblesse dans la collection des impôts seront immédiatement rhoqués et d.'.!fcn:s aux tribunaux». Aussi, l\:poquc du paiement des impots - en automne et au printemps - est-clic la période de la plus grande actiYité de la machine administrati\·e; les lecteurs nous permettront de ne pas insister sur les sccncs atroces qui se déroulent sur tout le territoire. :--;ous remarquerons scukment que le fisc sait arracher it la population tout ce qu'elle ccdoit ». Si donc, malgré cela, il se produit des lacunes, des non-paiements, on a une indication sùre que la maison du paysan est Yide. Il est, par consequent, tri:s interessant de sui ne les chiffres des arriérés dans les comptes des impôts directs. Nous constatons presque dans tous les gou\'crncments purement agricoles un accroissement continu des arriérés. En 189.J,, la somme totale des arriérés monta au chiffre de 90 millions de roubks; d'aprc:s le compte-rendu du controleur-gént'.:ral de l'État, dans dix-neuf gou\'ernements les arriércs dépassaient l'imposition annuelle dans le rapport ,k 3 à 2. En 1891, les arricrés formaient, par rapport à l'imposition annuelle, dans le gouvernement de Samara, 306 °/o; dans celui d'Oufa, 249 °/o; celui de Kazan, 202 °10; celui de Moscou, pourtant gouYernement très industriel, 1 li 0/o; etc ... Quoi d'étonnant! Le tome vingt-deux des Trnv,wx de la Co111111issio11 des impôts, cité dans le livre de M. Nicolas - One - nous dit que, dans trente-sept gouYemcments de la Russie d'Europe, les paysans de l'État payaient au fisc en moyenne 92.ïs 0 / 0 du revenu net de la terre; que les anciens serfs des seigneurs payaient 198 °/ode leur re\·cnu 11et.
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