La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA SITUATIOl\ ÉCOXOmQUE DES PAYSANS EN RUSSIE 5i9 aisees n'étaient que des exceptions cn Russie. Aujourd'hui partout dans la population rurale se forme un groupe aisé. Cc groupe croit numériquement et fait des progrcs très marqui:s dans son bicn-ètre; disposant d'une bonne part des dépôts dcs caisses d'épargnc et augmentant la consommation tks marchandises des manufactures et des autres industries, cc group1.; représente cette couche rurale qui saura vaincre les conditions défa\·orabks de la vie de campagne c:t qui a tout cc qu'il faut pour son développcmcnt ultéri1.;ur. » .\1. k ministre des finances russes trKe ensuite de sa main de maitre le tableau de l'évolution économique. « Les progrés de la production ct de l',1cc1111rnlationdes richcss..:s, par l'essence m0mc des choses, pn:ccdent toujours et partout leur distribution plus rt':gulicr..: parmi lc.:sdifférentes classes de la population ... Les voies nouvellcs, ouvertes ù la nation par l'amélioration générale des conditions économiques, ne sont abordées au début que par une. petite minorité de personnes ..:ntn:pn.:nantes, d'hommes d'unc initiativc hardie, et cc n't:st que plus tard, quand ces voies <le\·icnm:nt des sentiers battus, quc les masses in.::rt<:s ct timides du peu pic s'y engagcnt et lcur tour l:l, s'affranchissant lcntemt:nt et péniblcm<.:nt dc la routim:, c,: legs des sicclc.:s passés, arrin:nt ù leur tour :\ améliorcr leur situation économiqta:. » • Januis le peuple russe n'a entendu dc p.1rolc.:ssi hardics et si éloquentes dc Li bouche d'un ministre russc ! Le peuple russe cst maintenant bien édifié : si l'énorme majorité, loin dc posséder <l..:s dépôts dans lc.:scaisses d'épargnt:, " meurt de faim », l.1 faute n'en est pas ,1ux exigen..:c·s du fisc, .i la politique asiatique du gouYerncmcnt, ni ,i ccs hommes que, d,1ns leur simplicité, les moujïb ont appelés « miroïèdes » « m.rngeurs du mir ,,, usuriers <les campagm:s et qui, au contrain.:, excitent l't.:nthousi11sme de .\1. k ministre des finances - non, la faute en est ;i la « routine sècuL1in.: », contre laquelle, n'est-cc pas, monsieur \\'in.::, le gouY,:rnemull russe ,1 lutté de toutes ses forces par des sacrifices inouïs et par sa sollicitudc pour l'instruction du pcuplc (1). La conclusion de }.f. \\'illt: cst cellc-ci : « Si notre \"ic rurale commence à suinc la \"Oie cipiulistc, ceci proun: que l'amélioration dt:s conditions économiques, fa\"orabk au dèvdoppcmcnt du bien-être général, s'est affirmée nettcmcnt ,Jans la vie des masses rurales. » Puisque }.!. le ministre place - et a\·ec raison - le centre de rrraYité de la situation économique dans la « classe rurale n, nous ~oudrions jeter à notre tour un coup d'œil rapide sur lc.:s conditions (1) Voici, <.l'.1près ~L Kauf1nann, Dtprmes gét1éralt:iet ]..l{'a/esdes priucipaux p,,ys de

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==