LA REVUE SOCIALISTE qui sait 1\larx autant qu'homme <le France; la lucidité <l'un style sans éclat et sans gr.îcc, mais non sans Yigueur et sans chaleur; la raideur ]oyale <l'un caractère épineux qui a le courage <l'ayoucr quelques-unes <le·sé\'olutions subies par sa penst'.:e, et la faiblesse d'imprimer à la Jis(ussion <les idées une allure cassante. L'àpre et s.n'ant théoricien n'y épargne aucun des groupes qui s'écartent tant soit peu <le l'orthodoxie marxiste actuelle : broussistcs, allcmanistcs, blanquistcs, tous ceux qui admettent la possibilitt'.: d'une grè,·e générale, cc système « qui, dit-il, ne supporte pas l'examen ", sont, par lui, vertement rabroues; mais il a, cette fois, condensé ses énergies combati,·es dans un éreintement aussi tardif que féroce de Benoit 1\lalon. Le crime du patient? li est double. D'abord .Malon a, parait-il, Yoici quelque dix ou quinze ans, rclc,·c mt'.:chammcnt une phrase échappée à J\I. J. Guesde : « ~otre parti ... qui se Yante d'ètrc le parti du Ycntre. " - Puis il a rèYé de se faire chef d'école et il a eu la prétention sacrili:gc de corriger et de complètcr la doctrine de I\larx. Et YoiL\ le paunc I\lalon atteint et con,·aincu d'arnir Youlu « éternuer plus haut que le.: nez » ! Son socialisme, « bon pour des francs-maçons et des spirites! » Son complément au marxisme, une ceinture herniaire au fi.me d'une statue parfaite! Sa philosophie, un bn:u,,age sans nom! Est-cc qu'il a jamais existé, le nommé 1\lalon ,- On lui refuse toute espèce d'autoritt'.: en toute espèce de matière. 1\L DeYille cit1.; quelque part a,·cc éloge cet excellent conseil donnt'.: par Kautsky (p. 53) : « ~otrc unit<'.:sur les questions csscntidks doit nous éloigner de toute àpreté dans nos diYergcnccs sur des points de detail. » On YOitcomme il met en pratique cc qu'il approu,·c en théoric. Et cc qu'il y a de piquant, c'est que le farouche exécuteur proc~dc ,\ cette suppression d.e :-Sfalon, dans un moment où il se rapproche dc :-S!alon,comme je le prou,·erai tout:\ l'heure, et dans un OU\'r.igc dont une panic a t'.:té béuéYolcment publiée dans la Revue Svcialislc ( 1) fondée par le même Malon. li va sans dire que dans la condamnation si allègrement prononcée sont englobés les amis dudit 1\lalon. lis sont accusés, « ces bons apè>trcs ", d'affecter bonté, libéralisme, franchise d'allures, dt'.:sir d'union, nuis d'être, en réalité, des loups deYorants pour les marxistes, ces agni:aux; et moi-même, non sans surprise, j'ai reçu le line de M. D1.;,·illc, aYcc cette gracieuse dédicace : Bon so11ve11idr,ans l'espoir que le m11/o11is11lu1ie, 11011 plus, 11'11 pasJ>eurdes coups... !! - Des coups! Douce invitation à nous gourmer lratcrnellcment ! Ah! certes, on n'accusera pas les marxistes d'afficher la bontt: et le dt'.:sird'union!
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==