La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

560 LA REVUE SOCIALISTE SOCIALISME INTÉGRAL ET MARXISME Ne penscz-Yous pas que cc serait pour les socialistes français le moment d'<~trc unis de cœur et de pensée contre leurs ennemis C0111l1lUnS;, C'est le moment qu'a choisi un de leurs chefs pour réchauffer de vieilles querelles, pour attaquer i l'improviste des camarades, pour crier aycc une candide et hautaine intransigeance, au nom du groupe qu'il représente : Hors de notre socialisme, point de salut. Tou: autre ne compte pas. En vain l'un des plus sympathiques militants du socialisme parisien, le députt'.: \"aillant, a-t-il t'.:critdans une lettre vraiment large, cleYt'.:cet sage, qui a paru dans une brochure récente ( 1) : « JI n'y a que des nuüt1ces qui, thforiqucment, séparent les socialistes; le socialisme est, quant aux idées, le même clans tous ks pays et pour tous les partis. » Certains caractércs ne peu\·ent supporter qu'on diffi'.:re d'eux, fût-cc par une nuance, sur un point de tactique ou de doctrine. Je n'ignon.: pas que les dissensions les plus violentes (l'histoire est lù pour en témoigner) ont souYent mis aux prises les sectes ou les fractions de sectes les plus proches l'une de l'autre; catholiques et protestants se détesti:rent plus que chrt'.:ticns et musulmans; la guerre ciYik est d'ordinaire plus atroce que la guerre ctrangcrc; Montagnards et Girondins s'entrcde\·orcrcnt a,•ec l'acharnement que l'on sait; Abel et Caïn, Altri:c et Thyeste symbolisent tragiquement la ferocité des inimitiés entre fri:res. Dans la com·iction où l'on est de posst'.:dcr la vérité absolue, on oublie cc qui rapproche; on grossit cc qui diYise; on s'en laisse comme hypnotiser; et, apn'.:s d'aigres débats ou de sanglants combats, c'est seulement dans le sou,·enir de la postérité que se trouvent un jour réconcilit:s ceux qui ont malgré tout consacré (1) Dt Seilhac. Le Mowle socialiste, p. S9·

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