La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE AUX FILS DE LA C'ét,1it le soir : déjà vers la terre apaisée Le soleil dcscend.,it du haut du firmament, Comnu: s'a\'ance un roi, majc~tucuscn1cnt, Pour mettre une caresse au front de l'épousée Aile, sous le regard de son royal amant. Et, quand il disparut dans une apothéose De nu,1ges dorl'.!set de ciel pourpre et bleu, La terre tressaillit et l'horizon, en feu, TERRE De\'int sombre, et bientôt l'on ne vit qu'un point rose Qui semblait une fleur p,1lissant peu à peu. La nuit ,·int, une nuit radieuse, etoi!ée, Où j'entendis monter, de partout à la fois, Cn murmure tr0s lent, une plainte, une voix .\ussi triste qu'un chant de femme i;iconsolée ... Et la rosée en pleurs brillait au fond des bois ! ccMon fils, ne pleure plus sur l'infini du monde, ccTourne tes yeux ,·ers moi, jeune éternellement, « Et chasse loin, bien loin, la pensée inféconde cc Dont tan ,îme trop frêle a le cruel tourment. « :\Ion fils, ne cherche pas à soulever le voile, ccCar j.rn,ais ton regard n'arriverait au fond. " Cette immensité bleue, où vacille l'étoile, cc Est le ,·ide où toujours 1c vide se confond. ccSois à moi, tout entier, comme un fils à sa mère, cc Je te donne mes fleur,, mes fruits et mes parfums, ccPrends-les vite, prends tout. .. la ,·ie est éphémère ... « Oh! s'ils pouvaient parler tous ceux qui sont défunts!

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