La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LEURS ARGU)IE:-ITS ANTICOLLECTI\.ISTES 449 tra,·ailler pendant quatorze ou seize heures, en rece,·ant 5 francs Je YOtrc patron, qui gagnerait sur vous la mème somme, vous croiricz-Yous libre? Y. G... - Je ne suis pas un salarié; YOUSsortez de la question. X ... - Économiste, la manumission des prolétaires YicnJrci, car la société est en prochaine gésine socialiste; la propribé des rnoycns <le production n'est pas incommutable; le laissez-faire tombe dans le <l.'.:cri,et les enseignements <lu non-intcrYentionisme YOnt à vau-l'eau. \·ous trouvez lcgitimc d'épreindre <les salaries pour en extrai1-..:du profit; mais, malgré les braiments des consen·ateurs, l'arrosion de l.1 critique sociale fait son œune, l'apcrccptio11 du détraqu<:mcnt social prend du champ; bientôt l'on verra le debusquemcnt des capitalistes. - Et le minimum de salaire? Y. G ... - Il ne peut être déterminé que par le contrat libre. X ... - C'est-a-dire le contrat entre le pot dc terre et le pot de fer, entre le crè,·e-tle-faim isolé qui sollicite son morceau de pain, sous forme de salaire, et la Compagnie anonyme ou le seigneur patronal rctrnnchè dans sa forteresse capitaliste. Inscrivons sur cc contrat : oppression, d.'.:rision, inégalité. Y. G ... - Cette inégalité n'existe pas, puisque la Ré,·olution de 89 a institué l'égalité des citoyens dcYant la loi. X ... - Je ne puis croire que vous nc rnyez pas l'abime creusé entre une vainc déclaration, une musique de mots, et la n'.alitè. La thèse que vous soutenez dénonce une cécité Yolontaire. Y. G ... - Votre prétendue loi d'airai11 est une n:verie d.'.:magogiquc; car, si l'employeur ne peut vendre ks produits créés par ses salaries, il ne pourra pas leur donner Je sal:tircs du tour, et s'il les Yend bien, et si le nombre de travailleurs de son industrie est limite, èeux-ci recevront un salaire élcYé. X ... - Mais ,·ous yencz vous-même de confirmer cette loi en disant que la méYente équivaut iL la suppression du salaire, en d'autres termes, à la famine. Au contraire, si la vente est bonne, le salaire :\ peine suffisant pour YiYrc se maintient, voilà tout. ~laintcnant, quand les ouvriers sont rares dans une industrie, ils peuycnt gagner des salaires au-dessus de la moyenne, sans doute; mais cc cas forme exception, et vous connaissez le proycrbc, l'exception ... Y. G... - Si la loi d'airain existe, comment les salaires peuYCtllils ètrc inégaux dans une même localité? X.,. - Question de hasard, de tradition, de chance ou de malchance, de travaux plus ou moins demandés, de travailleurs plus ou moins rares, de l'abondance capitaliste, qui se porte ici ou 1:i.D'ailleurs, écartons la question des causes. Le fait indéniable, qui domine de haut, se dresse accusateur : la moyenne des salaires représente la satisfaction des besoins les plus impérieux; il atteint au plus le 1ii,·eau de la pau-

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