La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA IŒYUE SOCIALISTE déclan:r ici qu'il était déjù de 1,655 en 1892 et en 1893. l\!Jis le nombre des membres qui était, en 1892, de 1,240,000, s'est élcYé, en 189,1, à I,H3,518 membres, possi:dant 3ïï millions. Les ventes ont été de 1,250 millions et les bénéfices de 525 millions de francs. Ces quelques chiffres montrent, d'une manii:re assez evidcntc, quel di:\·cloppcmcnt, unique dans le monde, a su prendre la coopération anglaise, depuis les paunes tisserands Je Rochdale, qui inaugurcrent en 1811 cette forme d'association. Li situation des équitablespi01111iers de Rochdale était trés brillante en 1891. lis étaient r 1,600; leur capital etait Je 9,2ïo,ooo francs; leurs ventes de ï,400,000; leurs benéfices nets Je 1,305,000 francs. l\l. de BoyYc, qui connait aussi bien l',\nglctcrre que la France, au point de me de la coopération, a, dans ua tra,·ail récent, fait ressortir d'une m:rnii:re brillante les causes pour lesquelles la coopération réussissait à men·cille en _\ngktem.:, tandis qu'dlc marchait ;\ pas trop lents chez nous. ):ous citom ici tcxtudlcmcnt : L'Angbis est froid, tenace, prêt à tous ks sacrifices, qu,111dil s'agit de faire réussir un projet qu'il croit pr.niquc. li ne se laisse pas influencer par le qu·cn dira-t-on. li admet les supériorités et il sait s'en servir: il est très fier de celles de son pays, qu'il ser,1it plutot disposé à surfaire. JI comprend la nécessité de la discipline alliée il la plus grande liberté. JI a un gr,rnd rcspcct pour s~1 rdigion. P:ttriotc ù l'cxLès, l!ntrcprcnant, il <lc\'it.::ntégoïste, faux, insupprrt.1bk lorsque l'imérêt tic son p,1ys est rn jeu : pour lui, l'. \ngkterrc est le premier p,1ysdu monde et la mer lui appartient. .\\'cc cela, singulier comraste, il èSt individuclkrncnt cnnen1i du mensonge. Le Français est léger, spirituel, impétueux. li est sans cesse préoccup(: de ropinion d'autrui. 11rechcrch.: tout cc qui peut le faire briller. Tr0s égalitaire, il n'aime pas les supériorités, surtout celles de son pays, qu'il cherche le plus som·ent ù rabaisser. Son idéal c·cst l.1 subordination et la quiétude Je la ,·ie dans lïrrc,pons,tbilité : voil:t pourquoi il en appelle toujours au gouvcrncmcm pour tout cc qui touche il ses intérèts. Le Français est r.lilleur, frondeur, et très peu n:spectucux des choses rcligieus.:s. Il est che\·aleresque et prêt :i se s.1crifier pour toutes les nobles causes, sans calculer cc qui pourr.t en résulter pour lui; mais il lui arri,·cra souvent de brûler un jour cc qu'il aura adoré la veillc. li est désintéressé en politique et tri!s sensible ù l'injustice des nations et des gouvernements, qui abusent tic sa loyauté. Ces deux portraits donnent une explication suffisante Je cc fait que la cooperation a suiYi une marche ascendante en Angleterre, tandis qu'ell..: a eu ,\ subir de dur1.:svicissitud1.:s en France. L'.\llcmagnc est tn'.:sfayorabk ;\ cc mouvement coopér,1tif. Dans le dernier compte r1.:nJu pn'.:senté an congn'.:s de Gotha, par .\1. le docteur Sd11.:nck, syndic général de la fédération Jes associations SchultzeDelitzsch, nous rdevons ks chiffr..:s suiYants : au 3r mai 1891, h:

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