La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA QUESTIOX SOCIALE DE\".\~T LES CORPS ÉLUS 35 I LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS Ces « petites folles·» de senateurs Yiennent encore de faire un coup de tête. Qui s'y serait attendu ? En enfants gâtés de la République opportuniste et de la Constitution de I8ï5, les Yoilà en pleine bouderie et en pleine fàchcric ! Ils ne peuYcnt supporter ni Bourgeois ni Ricard; ils n'en \'Culent plus, c'est fini, bien fini; ils menacent de casser tous leurs joujoux, même le tourniquet constitutionnel ou le pantin pn;sidcnticl; cette fois-ci, on Yerra à qui on parle; c'est fatigant à la fin, quand on approche de la maturité, que de subir la fcrule des pédagogues ministcricls ou la domination des camarades de la cour parlementaire voisine. On sera ferme, Yous verrez ! Caprice d'enfant de riche choyé, dorloté, -- orage ncn-eux de petite maitresse incommodée par la tension électrique de l'atmosphère! - ruade du gris coursier agacé par la pétulance de son cavalier de douze ans - emballement de la bicyclette sénatoriale sur la pente dangereuse du suffrage restreint - tout cela est d'importance menue; ça se calme Yite; et c'est cc qui est arrivé. A l'apparition du censeur, M. Bourgeois, les mutins sont rentrés dans l'ordre. Il est difficile de n:,·cr gaminerie plus inconsistante! Voili .\Ill!. ks sénateurs qui, après deux crises de goutte réactionnaire (adoption du projet ~lerlin-Trarieux, supprimant le droit de gn)\'C des ouvriers des chemins de fer et des usines de l'État; - renvoi à la commission, cc qui veut dire ajournement indéfini, du projet relatif aux accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail) ne songent mê:mc plus au repos et à la douce flanelle des frictions. Ils veulent lutter en

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