La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA SCIEXCE - LA XATCRE - REXA);' A LUCRÈCE 311 LA SCIENCE Quel cccur puissant, quel large esprit peut, en ses \'ers, Rendre I.1majesté de l'immense uni,·crs, Et chanter dignement la splendeur sou\'craine Du grand libcratcur de la souffrance humaine, D'Èpicurc? Personne, ,1ucu11mortd du moins. ;\lais ses ccunes sont là, majestueux témoins De cc qu·a fait pour nous cc dieu. l\011, Dieu lui-même !\''eùt pas imaginé cet étonnant système Qui porte désormais le beau nom de savoir. Sous l'œil de cet esprit lumineux, on put \'Oir, 0 prodige! la vie en proie aux flots funèbres Soudain rentrer au port et sortir des ténèbres. Li.;cRÈCE, v1. LA NATURE ;\lais entends donc parler la Nature ! Sa voix D'impatience enfin s'élè,·c et te dit : Vois! Que me veulent, mortel, ces plaintes acharnées? Tu hurles à la mort. Tes premières années Ne sont plus. Tout, plaisir, joies où le cccur se fond Fùt-il jeté par toi dans un vase sans fond? Rien ne s'en est-il donc déposé dans ton âme? -- Si fait! et j'ai fort bien joui de tout. - Infàme, Ingrat! sors donc de table en disant : Grand merci! La mon, c'est !"éternel repos, non le souci. Tu te sens, devant l'homme et la nature immense, Pris de dégoût : Toujours tout, dis-tu, recommence. Tu n'as su profiter de rien, tonneau percé; Vois l'a\'enir que tu r~ves dans ton passé.

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