214 LA REVUE SOCIALISTE exposé et critique les conceptions de Smith, Ricardo, James Mill, i\!ac Culloch, ,\[althus, Senior, Chcrbulicz, Cairncs, l'auteur s'arrête, comme :\ la plus nette formule, au thforème de Stuart i\lill. On peut le n'.:sumcr ainsi : La loi de l'offre et de la demande n'a rien :\ Yoir a\'CC la détermination du taux. des salaires. Cclui1 -ci dépend de la quantité du capital ou des autres fonds destinés i soutenir et :\ rctribucr le traYail. Cc qui, traduit en langage populaire, signifie: L'ounier est entre !es mains du capitaliste et cc dernier peut, :\ son gré, donner ou rduser de l'argent. L'auteur part de là pour faire l'histoire des modifications apportées:\ la thforie par Hermann, Bernhar<li, Rœslcr, Longe, Brentano, Stanley, JcYons, \'illcy, Beauregard, CheYallicr, i\larshall, Sidgwick, \\'alker. Elles pcuYent, en ncgligea11t les nuances, se n'.:sumcr dans ces trois propositions: r) Le prétendu fond de salaire n'est pas indépendant de la qualité économique des traYaillcurs. 2) Le prétendu fond <lesalaire n'est pas indépendant de l'efficacité des agents naturels et <le toutes les inn~ntions et améliorations qui conduisent :i une augmentation de productiYité de l'industrie. 3) Le pn'.:tcndu fond de salaire n'est pas indcpendant du nombre des traYailkurs. La, question, en derniérc analyse, se pose donc ain;i, et c'est une question \"itale : E,t-cc le « capital », est-cc le «produit», qui est la source du salaire? De la réponse dépen<knt les diYcrses solutions du probl.:me ouHier. Une erreur de thforic peut aboutir à une faillite dans les faits. Plus simplement, si la thforic du « fond de salaire capital», sans ètrc une loi scientifique, ctait pourtant l'expression cxacte cc des conYoitiscs capitalistes » d la déclaration de guerre au monde du travail, comment éYitcr une n'.:Yolution sociale? C'est cette dernii:re question,:\ laquelle toutes les aum.:s aboutissent, que se pose aYec anxiété i\l. J .-S. ::-.:itti,dans deux beaux grands articles sur « l'Economie des hauts salaires », où il flctrit au passage ces étranges économistes qui donnent comme une loi la nécessité des tri:s bas salaires, non seulement pour le profit de l'entrepreneur, mais pour la tenue morale de l'ouvrier et son intérèt bien entendu. S'appuyant sur les recherches statistiques de Gould, \Vaxwcikr, Carroll O. \\'right, l'auteur croit pouYoir affirmer, d'une part, que la loi qui portc que Je coût du travail n'est pas proportionnel à sa rémunération a une base aussi solide que possible; d'autre part, que c'est un fait indiscutable qu'il existe une tendance au niYellernent du coût de production dans les diYcrs pays. Les conclusions de l'auteur ressemblent donc beaucoup, en délinitin:, à celles de i\!. P. Leroy-Beaulieu, qui prétend que le simple déYclopperncnt des lois économiques, en syst.:me capitaliste, et sans ingérence <les pOUYOirspublics, tend à une i:galité croissante dcs conditions. On sait, de reste, que peu de socialistes prennent au scricux cette thèse.
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