LA REVUE SOCIALISTE dans ks partis rbctionnaires. Dès que, sur quelque point, les vagues de la iutte sociale s'élèvent plus hautes que d'habitude, ces partis se rhcillcnt et leur union intime contre nous illustre la doctrine qu'ils repoussent; elle prou\'e le caractère dc lutte des classes qu'a pris le conflit des intérêts sociaux. S'ils se bornaient a cette union, ils ne se distingueraient pas des partis rbctionnaircs d'autres pays, mais ils vont encore plus loin. :\!ème lù où, par hasard, quelque point de leur programme est identique :'t une des revendications socialistes, ils s'allient a l'opposition contre ces derniers. S'ils n'avaient besoin du peuple, cet t'.:tcrncl révolté, ils sacrifieraient leur programme plutôt que de voir effacer par une paix apparente leur position carrément opposée a celle du parti subversif. Quoique le mécontentement des électeurs les force toujours davantage à tenir compte de la politique du parti socialiste, ils se dcfcndcnt, cependant, toujours des pieds et des mains contre tout contact avec cc dernier. Nous les avons vùs, entrainés par le courant socialiste, nous rendre les services d'un chcYal de renfort, tout en protestant contre l'idée de faire, ne fùt-cc qu'un signe de tète, au socialisme. Ceci explique pourquoi notre députation ,rn Reichstag n'a presque rien pu créer de positif dans le domaine législatif. Elle était majorisée par l'ensemble des autres p:utis et ses propositions ont pris le chemin de la corbeille aux vieux papiers. Mais, malgré tout, l'activité du groupe socialiste n'a pas été stérile. Il a prouvé, par ses revendications toujours clairement formulées, la possibilité de solutions pratiques. La continuelle critique exercée par notre groupe sur l'état économique et politique du pays et sur la conduite des personnes, même de la plus haut placée, a été d'une grande importance pour le progrcs des idées socialistes. L'ouYcrturc de la session fut retardée par la chute de Caprivi, qui refusait de soutenir la loi contre les menées sub\·crsives. C'est par un décret impérial, contresigné par le nouveau chancelier Hohenlohe, que le Parlement fut conYoqué pour le 5 décembre 1894. Le discours du tronc annonça que le devoir principal de l'État est : de protéger les classes les plus faibles de la société; le même discours demande : 1111 complément au droit pénal pour la pro/ectio11 de l'ordre social, et : de 11011vea11ixmpôts; cc sont là les exemples destinés à illustrer le principe. En m0llle temps la presse capitaliste proclalllait que la lutte contre le socialisme formerait le fond de la politique nouYclle. Elle motinit ce renouvellement des hostilitt:s de la manicre la plus perfide par l'attentat de l'anarchiste Caserio. Cette politique nouvelle fut inaugurée par une série d'incidents qui donnent une idée précise, claire et complcte de la situation.
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