CHRO,IQUETHÉATRALE I II CHRONIQUE THÉATRALE THEATRE LIBRE. - Le Cuivre, piccc en trois actes, en prose, de MM. Paul ADAMet Andn; PICARD. THEATREDESEscuouERS. - E11/re,\Iujfrs, comédie en cinq actes, en prose, de M. Maurice TAutEYR. Le Cuivre, que nous ont donné, cc mois-ci, .\L\I. Paul Adam et Andn'.: Picard, est une des pièces les plus maL1droitcs, les plus confuses et les plus fatigantes qui soient; m,1is clic soulO::,·eun grand sujet, celui de la guerre, de la guerre hideuse et nHaste. Chose singuliO::re, depuis que l'humanité se connait, depuis ses premiers balbutiements, elle traYaillc :i s'entre-déYorer; clic ne ,·eut vine que de son propre carnage; il lui faut se rafraichir dans son propre sang, s'y mirer, s'y tremper :i loisir. l:n moment toutefois, au sio!:cle dernier, quelques-uns, parmi les penseurs, imaginèrent que cette fn'.:nésic pourrait cesser un jour, que les peuples, <lc\'enus majeurs, renonceraient à se chamailler, comme des gamins pour leurs jouets; ils entrcYircnt, dans le lointain, les rayons d'une aurore caressante qui semblaient dorer l'horizon et, lorsque l'ange éternel Yint fermer leurs paupieres, ils sourirent en s'endormant, heureux d'avoir cru saluer la paix. Dans sa Vie de Voltaire, Condorcet remarq•Jait que ks guenes élaieutdeve11111e1s1oi1fr1ésqueutes et c'est ,i cc grand homme qu'il faisait honneur d'un si beau résultat. Les guerres moins fréquentes! Condorœt écriYait cela à la Ycille mèmc du plus sau,·age déchainement qui ait jamais précipité les hommes les uns contre les autres, ironique souiller si Yiolemmcnt lancé, a\'cc tant d'autres, ::\la philosqphic que la plupart de nos philosophes d'aujourd'hui, glacés de timidité, se déclarent impuissants a formuler aucune conclusion. Et puis voilà que pour certains, qui se disent sa,·ants, la guerre
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