59° LA REVUE SOCIALISTE Mais le fait le plus marquant pour notre mouYcmcnt est la réunion d'un Congrc'.:s socialiste national à Bucarest, le r 3 anil 1893. Le succes moral de cc Congrés a dépassé les espérances de ses organisateurs. Soixante-deux délégués, représentant les difffrcnts clubs et sociét0és ouniéres, y ont pris part et ont consolidé l'unité d'action du parti. Le Congrés eut également à se prononcer sur l'attitude que le parti socialiste doit garder vis-à-Yis du mouYemcnt nationaliste souleYé contre la Hongrie et les classes dominantes magyares qui, à peine libérées du joug autrichien, ont repris pour leur compte une détestable politique d'oppression des nationalités slaYcs et roumaines soumises à leur hégémonie. ' En Transyh-anic, trois millions de Roumains sont de fait priYes de tout droit politique, et dans l'impossibilité d'cmoyer un seul représentant à la Chambre. Ils sont soumis aux incessantes YCxations d'une administration sans scrupules. Cet état de choses a eu pour conséquence de susciter en Romnanic un assez puiss:rnt mouvement protestataire, pousse au cham·inismc par la bourgeoisie. Le parti socialiste ne pouYait pas se désintéresser de cette question nationaliste, pas plus que de l'agitation antisémite. Le Congrés s'est prononcé nettement en protestant contre les agissements- iniques des gouvernements magyars, mais il n'a pas manque à son dcYoir de mettre en garde la classe ouniérc contre toute menée chauvinistc. Il faut, en effet, la stupidité des classes bourgeoises hongroises et roumaines pour méconnaître l'intérêt politique supérieur - le danger commun: la Russie - qui dc\Tait les rapprocher. Mais en dehors de cette considération, les prolétariats magyars et roumains ne sauraient pas oublier la solidarité fraternelle qui les unit dans leurs luttes contre cet ennemi egalement commun, qui, lui, n'a pas de nationalité et a nom: le capiralismc. Sur la seconde question, à l'unanimité de ses membres; le Congrés condamne l'antisémitisme non seulement comme une sun·iyancc des luttes barbares de race, mais surtout comme une tentatiYc frauduleuse de cacher à la classe ouniérc cette vérité primordiale que, parmi les parasites du travail, elle. ne doit pas distinguer ni les races, ni les religions. Cc qui constitue pour nous le résultat le plus heureux, c'est l'ccunc fondamentale entreprise et réalisée par le Congrès : 1° Il a jeté les bases d'une organisation disciplinée et a assuré l'unité d'action du parti. Un conseil géncral de cinq membres, élus chaque année par le Congrès national, a été chargé de la direction du Parti; 2° Le Congrès a élaboré et sanctionné le nouveau programme du Parli social-dé1J1ocradlesouvriers de Roumauie.
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