La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LE SOCIALISME AGRAIRE 549 Le travailleur, qui a eté tour à tour escla\'e, serf et salarié, pourquoi ne serait-il pas appelé à deYenir associé? A ces prolétaires associés la glèbe 3erait toujours marâtre, si on ne mettait à leur disposition des moyens de culture scientifique (connaissances spéciales et outils perfectionnés), - si on ne diminuait pas la cherté des transports, - si on ne faisait pas disparaître les tarifs de pénétration, - si on ne rectifiait pas les charges fiscales et tout ce qui aggrave les difficultés de l'écoulement de la production, - si on ne les débarrassait pas de la concurrence déloyale de la grande propriété_ et des spéculateurs financiers et fonciers, par la prise de possession des grandes propriétés, de la minoterie, et des stocks de céréales. (Sur ce sujet nous rem·oyons le lecteur aux discours sur les blés prononcés l'hiver dernier à la Chambre par nos amis Guesde et Jaurès). Puis c'est la forme commerciale qui dena disparaître et être remplacée par la circulation des produits sans idée de bénéfices. La distribution des produits se fera directement entre la société productrice et la société consommatrice. Comme l'a proposé Lafargue, les communes auraient non seulement à fonder le service public du machinisme agricole, mais aussi ( en dehors de ses terres domaniales à accroitre jusqu'à absorption de toutes les propriétés priYées) à constituer une caissed'approvisiv1111e111e11t rappelant un peu la casa a111101111aria de la Rome papale et le « Grenier d'abondance ii décrétl'.: pour chaque district par la Co1wention. - Ces caisses pourraient faire des avances de semences, d'engrais, de bestiaux, etc., mais seraient surtout chargces de procurer directement aux cultivateurs les blés nécessaires à l'alimentation. Peu à peu les conseillers ou administrateurs municipaux seraient les seuls intermédiaires entre la production et la consommation. Le Syndicat et la Commune sont les deux éléments ah·éolaires de la grande ruche socialiste en Yoie de formation. * * * Nous croyons avoir ainsi résumé la partie principale de la doctrine incluse dans les programmes elaborés par les derniers congrès socialistes allemands, belges et français. Pour les détails nous sommes forcés de renvoyer au « programme agricole du Parti ouvrier ii édité par le Socialis.te à la suite du· congrès de Marseille (1892) et aux compte-rendus des congres de cette année : congrès, dit allemaniste, de Dijon (parti ouvrier socialiste rcrnlutionnaire) ; - congres, dit broussiste, de Tours (féêération· des traYailleurs socialistes) ; - congrès, dit guesdiste, de Nantes (parti ouvrier). - Ces programmes,

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