La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE lui-même, de défendre lui-même ses intérêts et ses droits, sans abdiquer entre les mains pe quelques hommes. Les autres rapports sur l'extension de la prud'homie, - la propagande dans les campagnes, - l'exploitation de la femme, - la suppression des bureaux de placement, - la réglementation du traYail (journée de huit heures, salaire minimum), - l'utilité des cours professionnels dans les syndicats ... ont été adoptés à l'unanimité. AYant de se séparer, le Congrès èut le bon esprit d'envoyer un salut fraternel aux délégués qui crurent devoir se retirer. Nous voulons donc espérer que les dissidences finiront par s'apaiser, et qu'une fois les angles arrondis, tout le monde se ralliera autour du Co11Se1il1atio11al ouvrier, dont voici la composition et la fonction : 1° Il est créé un conseil nàtional ouvrier ainsi formé : Trois délégués de la Fédération nationale des syndicats; Trois delégués de la Fédération des Bourses du Travail; Un délégué de chacune des Fédfaations de métier; Et d'un délégué du comité de la grève générale ; 2° Les différentes organisations centrales om·rières auront à nommer leurs délégués respectifs aYant le 1er no,·embre 1894; 3° Le siège du conseil national ouHier est fixé dans la Yille où a eu lieu le dernier Congrès ; 4° L~ conseil local parisien de la Fédération nationale des syndicats, le comité de la Fédération des Bo_ursesdu travail sont chargés de convoquer la séànce de constitution du conseil national ouvrier ; 5° Le rôle du conseil national ouvrier est ainsi lih1ité et défini : A. Statistique du travail et de ses conditions en France; B. Intervention dans les grèves ; C. Initiative pour la constitution des fédérations nationales de métiers ; D. Organisation chaque année d'un grand Congrès national corporatit ouvrier, réunissant l'ensemble du prolétariat français. * * * Le Congresdes « Trades U11io11s ». -Tandis qu'à Jantes le congres des groupes corporatifs de Fraùcc adoptait la grhe générale, voici les paroles que prononçait à Norwich le citoyen Frank Dilves, président du Yingt-septieme congn'.'.s des corporations unies d'Angleterre: « Notre a11cie111azreme, la grève, appartient au passé; la 11ouvelle « arme s'appellelégislation;c'estlenouveaumot d'ordre. J> Le congres de Norwich adopta des vœux en faveur des trois-huit; d'une loi sur les logements, - d'un truclwct qui serait l'abolition de tous les économats, et interdirait aux patrons de -vendre à lc_ursouvriers, etc ... Mais nous ne saurions mieux résumer les discussions de cc congrès que par la reproduction d'un autre passage de l'allocution de son président:

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