3-1-0 LA RE\'UE SOCIALISTE échouer le mouYement. Les indépendants qui ont sérieusement à cœur le bien du prolétariat sont rentrés dans nos rangs. Les indiYidus isolés qui pratiquent encore le triste métier de l'indépendance sont des hommes qui ne peuYent être guidés que par une animosité personnelle, chose ;,ssez indifférente aux masses organisées. En 1893, l'actiYité du parti a été considérablement étendue, fortifiée et déYeloppée par une énergique agitation ayant pour but l'obtention <lu suffrage uniYersel direct, ·secret et égal pour tous les citoyens, sans distinction de race, à l'âge de Yingt-un ans réYolus. Jamais encore les assemblées du 1er mai n'ont été aussi solennelles, aussi imposantes et n'ont compté autant de participants qu'en 1893. Les 7,000 ouniers qui se sont réunis à CracoYic, les 6,000 à Lemberg et les nombreuses assemblées en proYince prouYent que le prolctariat tout entier se trouYe dans les rangs du parti. Mais l'enthousiasme du 1er mai n'est pas cteint; au contraire, le mois suiYant, cet enthousiasme s'est manifesté dans les colossales réunions, tenues surtout en plein air, où a été proclamée énergiquement l'urgence d'une réforme électorale. Les prolétaires de la Galicie, non plus que leurs frères des autres proYinces de l'empire, ne laisseront pas tomber cette question ayant d'être par\'enus à une complète Yictoire. Parmi les manifestations réjouissantes de l'année dernière, on peut mentionner le ré\'eil du mom·ement socialiste au sein du prolétariat juif. Au moment oü nos camarades juifs nous tendent la main pour le combat contre les exploiteurs, circoncis ou non, tous ces faux programmes de la lutte des races doiYent tomber au sein du peuple. Les débuts du mouvement juif ont été très difficiles et c'est à l'énergie de nos camarades israélites que nous deYons d'aYoir YU ces difficultés Yaincues; aussi leur en exprim_ons-nous notre profonde reconnaissance. Les circonstances politiques au milieu desquelles nous sommes obligés de traYailler en Galicie sont extrêmement contraires à notre cause. Différentes interdictions, la suppression des jonrnaux, plusieurs tentati\'es de dissolution des sociétés ounières, la brutalité et la rigueur dans l'application des lois sur la presse et le droit de réunion, - qui déjà sans cela ont un caractère féodal et moyen-âge, - en résumé, tous ces moyens ont amené chez nous une espéce d'état de siège. Notre réponse à cet état de siège est un esprit de sacrifice plus grand <le la part des compagnons, une solidarité plus étroite, un accroissement du c:uactère réYolutionnaire de tout le mouYement. Nous e1wisageons l'ayenir aYec confiance, assurés que nos Bismarck, polonais n'auront pas plus de succès que leur maitre, qui a été enseYeli si ignominieusement sous les débris des lois d'exception allemandes.
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