La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REYUESOCIALISTE 2° L'attitude nettement fayorable au mouvement socialiste du gouverneur de l'État de Chicago, M. Altgeld; 3° Les propositions parlementaires et les motions populaires tendant à confier à l'État l'exploitation des chemins de fer et des houillcres, ou, tout au moins, à soumettre les Compagnies à un contrè>lc immédiat du gouvernement fédéral; 4° La position prise par Dcbs et les employés des chemins de fer, à coté du parti socialiste, et de Sovcreign, le grand-maitre des Chevaliers du Travail, et de Gompers, président de l'Amcrican Fcderation of Labor. Enfin, la cessation de la grève des mineurs et de la grèYe des chemins de fer, l'accalmie de la Labour Army et des agitations des Sans - Travail ont paru n'être qu'une trèYe aux gens perspicaces, notamment au président Cleveland. Les amis du président se sont souvenus de ce passage de leur manifeste électoral : L'accumulation d'énormes capitaux, conséquence de la grande industrie et de la grande propriété, contrastant avec l'appauvrissement des classes laborieuses, non plus réparties dans les fermes et cultivant leurs champs, mais embrigadées et disciplinées, vivant au jour le jour d'un salaire tout d'abord éle,·é, puis devenu tout simplement précaire, accessibles désormais à toutes les tentations de la misère, de la haine et de l'em·ie, à toutes les revendications des adeptes du socialisme violent. Et il leur a paru urgent d'enrayer le mouvement qui précipite les uns contre les autres milliardaires et sans-travail, en commençant par la réforme du bill Mac-Kinlcy. Devant l'obstruction iiwinciblc du Sénat, la Chambre des représentants ,·ient, à la forte majorité de r 34 voix contre 48, de voter une motion tendant à cc que le Sénat soit nommé au suffrage direct, et non plus par les autorités lcgislativcs , des États (deux par chacun des 44 États). Pour quc cette motion devienne définitive, elle dcna être ratifiée par les trois quarts des législatures des États. Très habilement, les masses ounières vont seconder la campagne révisionniste commencée sous l'égide de la Chambre des représentants et du président Cleveland, et faire le siège tout à la fois du Sénat et du triste régime économique fcroccment renforcé par le bill Mac-Kinlcy. En France, nous ne Yoyons pas bien Casimir-Perier prenant la tête du mouvement révisionniste. Mais pourquoi nos syndicats ne s'allieraient-ils pas aux associations politiques de la démocratie progressiste et socialiste, pour tenter en commun une campagne analogue, ou tout au moins commencer par suivre avec intérêt et profit cette expérience américaine de la r6\·ision, comme instrument de réforme sociale ? ADRIENVEB~R. L' Ad111i11istrate11r-Géra11t : RODOLPHE SIMON. Suresnes. - Imprimerie G. RICHARD, 8, rue des Bourets.

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