La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

MOUYDIE~T SOCIAL 755 mèntaires ne n'.:ussit pas à imposer au gou\'ernement le retour à des pratiques plus libérales. Au surplus, au point, de vue politique, les journées sont souYent plus funestes a ceux qui les font qu'a ceux qui les subissent. C'est aYcc des « journecs » que se prépar~nt les réyo.i -lutions ; c'est par des « journées » probables que se résouttront les questiÔns de liberté, posées sans succes au Parlement par.les députés socialistes. • Rappelons que la manifestation projetée des socialistes au Père-Lachaise coïncidait cette annëc avec la Fête-Di~u, de sorte qu'e le même jour où, contrairement aux prèddcnts, les processions et drapeaux socialistes étaient intcrdi'ts dans un cimctiérc, des processions catholiques s'organisaient à Paris, autour de certaines églises pompcriscmcnt décorées extérieurement de draperies et oriflammes cgalcmcnt toutes rouges. -,- Et dire que les Français ont la réputation d'apôtres de la libcrte ! Pour les aut!'cs pcut-étrc; mais eux-mêmes, leurs gouvernements successifs ne les ont encore dotés que d'une liberté que l'on me permettra d'appeler métaphysique. * * * Le Co11grèrségio11ndlu Pnrli ouvrier Socinlislerévol11tio1111aire. La Fcdération du centre de cc parti, qui n'avait pas eu de Congres en 1893, afin d'aider à la réussite du Congn:s national corporatif, organisé par les Chambres syndicales et Bourses du travail, Yicnt de tenir ses assises à Paris, a\'ec l'ordre du jour suivant: 1° De la défense des libertés syndicales et politiques; 2° De l'organisation du TraYail dans une Rcpubliquc,sociale; ' 3° De la gréve générale et des moyens de la faire aboutir. Voici les résolutions qui ont été adoptées : Relativement à la première question, le Congrès condamne la loi de 1884 comme· attentatoire à 'la liberté ouvrière, engage les syndicats à ne pas s'y soumettre, et rappelle au sentiment de la dignité ceux qui s'y sont soumis précédemment . . Il décide que les dt:putés socialistes denont poursuivre immédia,- tcmcnt l'abrogation de cette loi. Il repousse également le projet de réglcment de la Bourse du Travail. Sur la deuxiéme question, il se prononce pour la supression de l;r propriété individuelle; pour l'organisation corporative et le travail assuré pour tous ; pour le bien-être pour tous en réco'mpense des efforts; enfin, la société nom·elle sera organisée sur le priqcipe communiste d'égalité. absolue dans le droit et dans le devoir. 1 ' •

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