La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

ï32 LA RE\"l:E SOCIALISTE LA QUESTION SOCIALE , DEVANT LES CORPS ELUS En reprenant, sous l'éminente direction de M. Georges Renard, la suite de ces chroniques, nous dcYons a\"crtir nos lecteurs que nous n'ayons pas la prétention de donner ici un compte rendu complet des débats parlementaires; mèmc en ne traitant que de cc qui touche aux problèmes sociaux, il nous sera, on le comprend, impossible d'entrer dans le détail des questions et des projets de loi discutés p:u les Chambres. La matière est tellement \"aste, tellement complexe, et clic se complique d'une telle multitude de notions accessoires que nous dcnons nous borner à apprécier les discussions parlementaires d'un point de Ylie très général, et à ne mentionner que ceux d'entre les chocs et les combats d'idées qui pcuYcnt présenter un intérèt réel comme indice des tendances essentielles du rnouYcmcnt politique de la France contemporaine. La plupart des discussions qui ont agité les Chambres pendant le mois de mai perdent un peu de leur intérêt par l'effet de la chute du ministère Casimir-Perier. )Jéanrnoins, la formule politique dont M. Casimir-Perier a essayé la mise en pratique est intéressante par cllcmèmc: cet homme politique a eu le courage de tenter pour la première fois la réunion, en un grand parti rétrograde, de tous les éléments conserYatcurs du parti républicain et de l'ex-parti monarchique. Cette soudure n'a pu encore solidement se faire. Il y a eu, de part et d'autre, des hésitations, des reculs, des mouYcmcnts de mauYaisc humeur, suscités surtout par la difficulté cléricale, car l'ancien parti républicain est gèné par son passé, son programme et ses lois anti-clcricaks; d'autre part, la droite a pu laisser en route comme un bagage encombrant ses co1wictions monarchistes, mais clic conscrYc, autant que jamais, non pas pcut-ètre sa foi, mais ses passions catholiques.

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