La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LE PARTI DES TRAYAILLEURS ITALIE!\'S 72r comme des bêtes fauves, frappés par cette abominable loi de soupçon que l'on appelait l'n111mo11izio11e, soumis par dc'.:cret administratif à la surYcillancc la p,lus Yexatoirc de la police, relégués ù domicilia con/la dans les îles, etc. Ces· procédcs ctaient appliqués, de la façon brutale la plus sommaire, même par des ministres qui aYaient grimpé au pouYoir en sortant de la gauche, au nom de la libertc conquise et du droit populaire; et tel de nos amis, siégeant ou ayant siégé à la Chambre, dut, en sa prcmiere jeunesse, saYourcr toutes les douceurs de ces persécutions. • Le socialisme de cette période, dont le théâtre a c'.:tel'Italie centrale et mcridionale, surtout la Romagne, appartient à la prehistoire du socialisme. Il a eu toutefois le merite de poser les questions, de faire sonner ù toute YOlec à toutes les oreilles la grande cloche de la miscrc rebelle. A cc titre il a sa place, et une place glorieuse, dans l'é\"Olution de notre socialisme. III LE PARTI OUYRIER CORPORATIF Cc socialisme, en Italie comme ailleurs, ne pouYait pas durer. N'ayant aucun but solide à atteindre, n'étant qu'une sorte de protestation et de connilsion, d'ailleurs trés limitée à cause des dangers inutiles que couraient ses militants, il dcnit s'cpuiscr rapidement. La masse ou\Tière, ou au moins cette partie de la masse ouuière qui a\'ait de Yagues aspirations politiques, réunie en sociétcs de secours mutuels, militait, non pas dn11s la dcmocratie, mais à la queue de la dcmocratic, à qui elle prêtait son drapeau pour des buts presque exclusivement electoraux. Ce fut à cause de cela qu'une agitation assez intensiYc fut menée pour un partiel elargisscment du suffrage, qui fut couronne de succès. Mais cc qu'on ne pouYait pas attendre de la force transcendante de l'idce fut hàtc" par le deYeloppcment des conditions materielles. Dans le nord de l'Italie surtout, plusieurs industries mécaniques s'étaient organisées, qui, en s'étendant, absorbaient ou tuaient les métiers isolés d'autrefois, enrôlant les hommes, les femmes, les enfants, les séparant de la terre. Et ce fut justement dans le nord qu'un premier mouYement exclusivement ounier commença à se manifester. Les ouvriers commenccrcnt à comprendre tout cc qu'il y avait de cre~x, de décevant, de trompeur dans les refrains radicaux ou démocratiques dont on les aYait 46

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