La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

CH ROJ\IQt;E St;ISSE Ainsi, le prix des remèdes est c:-1lculcsur cc qu'ils coûtent à l'hopital de !'Ile, à Berne, où affluent de tout le canton (550,000 habitants), les cas chirurgicaux les plus grans. Les appareils donnes aux patients, et SOUYCndt 'un prix clc\'c, y sont comptes comme ((mcdicaments >l, cc qui fait monter singulièrement le prix moyen des remèdes proprement <lits. Or, il est inadmissible que la moyenne, rèpartic sur l'ensemble de la Suisse, soit égale à ce qu'elle est dans un hôpital, où certaines économies seraient d'ailleurs réalisables. L'entretien des neccssitcux dans les hôpitaux, prcscnté comme une dcpense nom·elle, en realité n'en est pas une, puisque cantons et communes dépensent déjà à cet effet des sommes considcrables, qu'il serait juste de déduire des 12 millions préYus par les experts, ces subYcntions <lcYant se continuer. J\,[M. les docteurs Schuler et Moser fixent à enYiron 8 francs par tête et par an les frais de malaJie. Pour 3 millions d'habitants, cela fait, en chiffres ronds, 2..J- millions de francs, un joli denier, mais dont il faut soustraire, nous le répétons, les subYentions cantonales et communales, que nous représentons par x. Ainsi le monopole du tabac deuait counir une dépense de 24 millions, moins x. A défaut de statistique précise, il est possible de trouYcr, assez approximatiYcment la nleur de x. Le canton de Zurich (350,000 habitants) dépense annuellement, pour l'ensemble de ses hôpitaux. et infirmeries, 850,000 francs. Pour une population de 3 millions, il n'est pas téméraire d'admettre une dépense dix fois plus forte. Cette proportion de r à ro, entre Zurich et la S~iissc, s'est d'ailleurs Yérifiéc dans d'autres domaines. Ainsi les cantons débourseraient déjà près de 8,500,000 francs. En outre, des 20 millions enYiron que coûte actuellement !'Assistance publique, il y en a bien un ou deux. affectes spécialement aux. malades. Ajoutez-les aux. 8,500,000 francs - x = de 9 millions et demi à ro et demi. Le monopole denait donc fournir, pour arriYer aux 2..J- millions demandés, une somme de 14 à r 5 millions. II Aujourd'hui, les médecins se prc'.:cipitcnt dans les Yilles, et les campagnes sont un peu délaissc'.:es (les paysans suisses ont tort de s'imaginer que le socialisme les oublie). Pour y remédier, M. Greulich propose Je faire du médecin un fo11ctio1111adi'rEetat, conYenablemcnt rétribué, puisque ses études sont longues et coûteuses. Les ÉtatsCantons paient les ministres du culte, chargés du soin des âmes ; l'État-Confédl'.:ration paierait les ministres de la santé corporelle, les

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