La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

' CH ROXIQCE SCISSE produits de la rcg,e fcdcralc ne Yandraient pas ceux de l'industrie prin'.:e, et que les bons cigares de Grandson ou VeYcy iraient rejoindre les Yieillcs lunes. Bien que fumeur, nous ne partageons pas ces craintes, mais clics p1:scront d'un grand poids dans la balance du plébiscite. Donnons d'abord le texte de la pétition : Le~ soussignés, ayant droit de ,·otc, et conformément à l'article r 2 r de la Constitutiôn fédérale, formulent le désir que l'adjonction sui,·ante, modifümt la Constitution fc.:Jéralc, soit soumise au peuple et aux cantons: L'art. 3-1- de la Constitution fc.:déraleest complété comme suit : Ai·cc la collaborationdes ca11/onsà l'o1ga11isatio1e1t ci, l'ad111i11istralio11 (du service médical), et pour a11/a11qtue les i-evenusd11111011opodl1e1tabac le per111e/- tronl, la Co11Jédératiop1o1urvoira ci, ce que la pop11latio1o1btim11egral11ile11w1ltes conseilset les soi11s111édica11axi1, 1sique les re111ëd1•esl;le accorderades subsidesaux can/011psour soig11egrrat11ile111ednatns les licipitauxlesge11s a11S1·csso11rcesl,pour crùr des 111aiso1d1essauté. Da11sce but, elle i11trod11liel 111onopodlue tabac... Elle peut aussi édicter des p1·escriptio11lésgalesrnr les s11cceda11déustabac. Les tabacset les cigares de qualiti ordiuaire ue doivent subir a11c111·1e11ch.:risse111ent. La législatio11fédhale Ja1:orisela c11//111e·te la Jabricalio11i11digiues; elle délenni11ede quelle 111aniérlees autorités ca11/011aloens t ti participer ti l'ad111i11istratio11d11111011opole. Rcsumons les arguments qu'a fait Yaloir M. Greulich, secrctairc OU\Tier, auteur du projet, deYant les dclégués réunis à Zurich. Ap1ù quoi nous discuterons les objections, soit que i\L Greulich les ait •préYues, soit quelles aient surgi aprés coup. Un premier argument est tiré de l'insuffisance et des dUectuosités du projet d'nssura11rero11/rcln 111nl11die el les ncride11/s, dù à i\L le conseiller national Forrer, et bien YUdes spheres officielles, ainsi que des médecins. D'après cc projet, tout droit à l'assurance tombe forcément à la suite d'un an de maladie! au moment donc· où les malades et leurs familles en auraient le plus besoin. M. Forrcr demande aussi qu'ounier et patron paient chacun la moitié des contributions d'assurance de 1'ounicr. Or, qui paie commande, et le monde ounier a quelques raisons de se méfier de cette immixtion, de cette ingérence tutélaire des employeurs dans les caisses de secours. L'inconYénient principal est de mettre l'assurance sous la dépendance de·s conditions de tr:l\·ail : l'assurance ne Yaut en effet que pour le temps où l'ouvrier est occupé, et s'il est au bénéfice d'un contrat de traYail de huit jours au minimum - les sans-traYail ne sont pas assurés du tout, ou ne le sont que pour une durée de quatre semaines aprés la cessation du labeur! Or, aujourd'hui que le chômage forcé est presque deYenu, même en Suisse, une institution, les sans-tra\'ail seraient plus mal lotis par le systemc Forrer que par le systémc actuel de la charité privée ou publique.

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