La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE tionalité de la manifestation est une garantie d'humanité large, une promesse d'une civilisation supérieure. Groupés autour de la formule si simple et si claire des TroisHuit, les millions de serfs de la plèbe moderne voient sans cesse leurs forces s'augmenter et bientôt rien ne résistera plus au prolétariat décidé à s'affranchir et à réaliser l'union internationale des travailleurs pour la liuerté, l'égalité, la fraternité. par la justice sociale. Le Premier Mai n'aura pas toujours ce caractère pacifique presque rassurant pour l'oligarchie bourgeoise. Chaque année le mouvement de prévision sur les classes dirigeantes deviendra de plus en plus menaçant, à moins que les résistances de la légalité bourgeoise aillent en s'amoindrissant. Fatalement un jour surgira où le parti socialiste sera las de mobiliser périodiquement toutes les forces dont il dispose, dans l'unique but de créer dans l'année une fête de plus. Un jour viendra où la démonstration du Premier Mai crèvera en une grève formidable ou en une révolution sociale. Cependant le Premier Mai n'est peut-être pas encore près de perdre son caractère pacifique de fraternité nniverselle, d'autant plus que le mouvement syndical, d'ailleurs trop contrarié, n.2-s'accentue pas assez vite, et que la classe ouvrière n'est pas encore assez forte pour rompre ses chaines, assez disciplinée, assez sévèrement unie pour révolutionner correctement les rouages compliqués de la machine sociale. Alors seulement, lorsque la solidarité internationale des Travailleurs sera véritablement indestructible, une et indivisible, - lorsque le grou;-iement syndical sera parachevé, - lorsque beaucoup de municipalités destinées à servir d'exemples, auront été conquises et auront pratiqué le socialisme expérimental, alors il sera permis d'abandonner sans danger la voie actuelle, lente mais sûre, qui, de progrès en progrès, conduit le prolétariat à son émancipation intégrale. Bref, le Jour des Huit Heures donne chaque année aux travailleurs une aperception plus nette et plus consciente de la force formidable qui réside en eux, et du prochain triomphe de la révolution libératrice par la grève générale. . Le Premier Mai, c'est donc, gràce au sens élargi qui lui a surtout été donné en France, une manifestation en faveur de la paix et du désarmement, - et l'invitation donnée aux Prolétaires de se grouper étroitement en syndicats solidaires, aux Socialistes d'avoir à s'unir et à se discipliner; - c'est enfin la Société Nouvelle qui s'avance, avertissant l'ancienne de sa prochaine disparition. - Et la devise de chacun des militants du Premier Mai pourrait être l'incomparable poésie Doctrine » de Henri Heine : ... Au son du tambour arrache les hommes au sommeil, Sonne le réveil de toute la force de la jeunesse,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==