La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

:;02 LA REVUE SOCIALISTE Pb,1n11flL·ie1111111icipalc. -Le conseil municipal de Roubaix avait voté la création d'une pharmacie communale. Le préfet du Nord, et le ministre de l'intérieur ont annulé la délibération sous prétexte que la loi de Germinal an XI, permettait seulement aux bureaux de bienfaisance de créer des pharmacies annexées subventionnées par le conseil municipal. Le gouvernement a-t-il voulu donner un argument de plus à ceux qui prêchent l'impossibilité du socialisme réformiste? ANGLETERRE Les Bourses du Travail. - Les bourses du travail ne sont guère répandues en Angleterre: elles y sont moins nombreuses qu'en France où elles ont pris une grande extension dans ces derniers temps et y sont aussi en moins grand nombre qu'en Allemagne. Elles y constituent généralement des entreprises privées. Q.telques tractes-unions solidement organisées ont installé elles._mêmes des bureaux servant d'intermédiaires entre l'offre et la demande de travail. Depuis quelques années, plusieurs municipalités ont suivi leur exempk Un rapport sur la situation des sans-travail signale l'existence de 25 bourses créées par des administrntions publiques. Elles se subdi. visent en deux catégories : les unes existant surtout dans de petites localités de l'intérièur du pays, n'enregistrent que les demandes éma• nant de travailleurs justifiant de la connaissance d'un métier; les autres créées par les paroisses de Londres, portent sur leurs listes les noms de tous ceux qui demandent à y être inscrits. Le rapport que nous consultons fait remarquer que les deux systèmes ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Les bureaux qui enregistrent tous les candidats qui se présentent, ne peuvent pas garantir aux patrons de leur procurer des ouvriers ayant les aptitudes qu'ils demandent. Cette situation fait qu'on ne s' àdresse guère à eux pour obtenir des travailleurs instruits et au courant d'un métier; elle entretient une certaine défiance à l'égard de ces bureaux qui, à cause de celle-ci, rendent même peu de services aux ouvriers non qualifiés pour lesquels les bourses de travail sont cependant d'une réelle nécessité. Il en est autrement des institutions de la seconde catégorie. Elles ont la confiance des entrepreneurs qui savent qu'ils y trouveront des travailleurs capables; mais elles ne sont utilisées que par les ouvriers ayant une certaine instruction professionnelle. En Angleterre comme dans les autres pays, l'expérience montre que les bourses du travail ne constituent pas un remède au fléau tous les jours plus menaçant des ouvriers inoccupés. Quelque perfectionnée que soit leur organisation, elles ne peuvent contribuer en rien à réduire

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