;oo LA REVUE SOCIALISTE Et que l'on ne s'y trompe pas. Les socialistes français ne sont pas aussi divisés qu'on le croit trop volontiers. Ils peuvent, par exemple, ne pas être d'accord sur le mode à donner à la manifestation du 1 o,· mai; les uns préfèrent continuer la comédie des visites et pétitions aux pouvoirs publics, les autres se bornent à la propagande de l'idée par meetings et journaux. Mais tous savent que les voies légales ne sont plus guères ouvertes au véhicule et au triomphe des revendications prolétariennes. Seules des questions de tactique divisent les socialistes français. Mais leur but est le même; leur programme général est identique. Et ils n'ignorent pas que leur triomphe commun dépend uniquement de leur sagesse, c'est-à-dire de l' obser\'ation provisoire de la légalité opprimante et spoliatrice d'aujourd'hui. Quant aux socialistes, dits réformistes ou révisionnistes parlementaires, ils saveHt aussi que la force a toujours été l'accoucheuse des sociétés nouvelles et des changements de régime. Mais ils voudraient éviter les violences de cette farce. Contre toute espérance ils espèrent encore, même en présence des manœuvres déloyales et des traîtrises à l'esprit républicain; ils ont toujours foi en la Révolution sociale par étapes réformistes. Mais ,'ils ne parlent jamais de la force révolutionnaire, ils y pensent toujour~. La Bourse de Paris. - Ci-dessous le projet de réglement de la Bourse du travail de Paris, proposé par le Conseil d'Etat, pour mettre les syndicats sous la surveillance de la police. Le Conseil municipal répondra au Conseil d'État et au Conseil des ·ministres en désaffectant l'immeuble de la rue du Chàteau-d'Eau. Pas de Bourse du travail officielle ! Proj,t de di:crrt porl,111! orga11isalio11 dt l.i Bour,.- du lrm:.1il. - 'R_édaclio11d,s s1rtio11s ré1111ù-s. Le président de la République française, sur le rapport du ministre de l'intérieur et k ministre du commerce et de l'industrie. Vu l'article :? du décret du 18 décembre 1889, rendu en conseil d'État portant qu'il sera statué ultérieurement par le gouvernement sur l'organi~ation de la Bourse du travail existant à Paris; Le conseil d'État entendu, Decrète : Article premier. - La Bourse du travail de P:iris a pour objet ,le facihter les transactions rebtives li la main d'œuvre, au moyen de salles d'embauchage publiques, de bureaux de pbcement gratuit, et par la réunion et la publication de rènseignements concernant l'offre et la demande de travail. Art.:?. - L'entrée des salles publiques d'embauchage est réservée indistinctement aux patrons, employés et ouvriers des diverses professions syndiquées ou non syndiquées.
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