La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE les chevaux, et à Douchy. Le directeur de cette dernière compagniefait distribuer aux ouvriers la circulaire suivante: Aux ouvrii:rs 111ilu11rsd~ la co11c,•ssio1d1e D011cbJ 1 Dimanche dernier, sur l'invitation de votre syndicat, vous avez été appelés 11voter au scrutin secret sur l:J. question de la grève. A une grande majorité, vous avez voté la continuation du travail. Hier, une minorité turbulente, poussé<' par des étra11gas, a essayé, pa1un simulacre de vote, de changer ce résultat. Résistez, mes amis, à ces hommes néfastes. Venez travaillez; ne craignez rien! Vous êtes les plus forts et les plus nombreux. Soyez les plus sages et les plus résolus! Venez travailler ! Ceux qui veulent le désordre seront alors démasqués. Nul n'osera vous arrêter! ! ! Lourches, le 20 septembre 189.3. L'i11gh1icur dirccfe11r-gha11t, Louis ÜOMBRE. A Anzin, l'appel des syndicats du Nord et du Pas-de-Calais paraît a,·oir produit une certaine impression sur les ouvriers. Les journaux bourgeois signalent un commencement d'agitation et annoncent que lesgrévistes « vont se porter sur la concession d' Anzin par petits groupes, descendre chez leurs amis et se tenir prêts à empêcher les ouvriers de se rendre au travail le lundi matin. >' Naturellement, le gouvernement profite de ces racontars ridicules pour augmenter encore les troupes dans les districts en grève, et renforcer le cordon de cavaliers et de fantassins qui enveloppe et garde la citadelle de M. Casimir-Périer. En outre, des agents de la sûreté sont expédiés dans toutes les directions. Dans les centres en grève, la gendarmerie redouble de rigueur. Comme dans le Pas-de-Calais, les arrestations pleuvent. Le tribunal correctionnel de Douai, suivant l'exemple du tribunal de Béthune, frappe avec une excessive sévérité. Les condamnations pour outrages à l'armée ou à la gendarmerie varient de 1 5jours à deux moisdeprison. Pour entrave à la liberté du travail, c'est quinze jours au minimum. Arrive enfin l'heure tant attendue. Nous voici au dimanche 24 septembre. C'est dans la nuit que la fameuse marche sur Anzin, annoncée depuis buit joi,rs par lesjournaux amis des Compagnies, doit avoir lieu. Beaucoup de mineurs attendent avec impatience la journée du lundi_ Si Anzin est pris, tout ira bien. Si Anzin continue à travailler, eh bien! il n'y aura plus rien à espérer. Or, Anzin ne peut être pris, d'abord parce qu'il est inexpugnable,

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