La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

43o LA REVUE SOCIALISTE drons de cavalerie auxquels il faut ajouter 220 gendarmes placés sous la direction de M. le capitaine Gest. Le service de la police est assuré par les commissaires de police de Carvin, Hénin-Liétard, Lens, Liévin, Bruay, Auchel et Béthune et le commissaire spécial de la gare de Lens. Indépendamment de ces fonctionnaires connus des ouvriers, il y a répandus dans le bassin houiller, de nombreux agents jétachés par la sùreté générale. Les tribunaux qui seront appelés à juger et à condamner les grévistes sont : le tribunal correctionnel d'Arras et le tribunal correctionnel de Béthune, celui-ci ayant un président, M. Masure, et un procureur, M. Siben, dont les noms méritent de demeurer attachés à l'histoire de la grève, comme ceux de magistrats ayant fait preuve d'une extrême rigueur peu commune dans l'exercice de leurs fonctions. Les intentions malveillantes du Gouvernement à l'égard des ouvriers étaient donc claires à tous les yeux. Au bout de quelques jours, on put se rendre compte que le président du Conseil des ministres et les compagnies avaient décidé de commencer une guerre à mort contre le syndicat. Le refus opposé unanimement par les compagnies, sans que le gouvernement s'en soit ému, aux propositions de conciliation et d'arbitrage faites par les juges de paix et l'excessif déploiement de troupes ordonné, dès les premiers jours. par le ministre de la guerre. firent croire non sans raison aux chefs du syndic;it que le ministre de l'intérieur avait d'autres préoccupations que celle du maintien de l'ordre et de la liberté du travail. L'attentat c<_:mtrela Bourse du Travail de Paris était tro;) récent pour n'être pas présent à toutes les mémoires, et on ne tarda pas à penser qu'une opération de même nature pourrait bien être préparée et dirigée contre la chambre syndicale des mineurs. (La publication par la Petite Rép11bliq11e, du fameux rapport du procureur général Chenest au ministre cie la Justice, sur les moyens '.de dissolution des syndicats des mineurs du Pas-de-Calais et du Nord vint démontrer, quelques jours après la grève, le bien fondé de cette opinion). C'est surtout cette crainte qui amena Basly à réclamer, au nom du syndicat, l'aide des députés socialistes nouvellement élus. Le 23 septembre, les citoyens Basly, président du syndicat, et Evrard, secrétaire-adjoint, agissant tant en leur nom qu'au nom du citoyen Lamendin, secrétaire général, retenu dans le Nord, eurent une entrevue à Arras, avec le citoyen Baudin, député du Cher. Dans cette entrevue, on décida de convoquer d'urgence, à Paris, tous les élus socialistes ,et de les inviter à s'occuper immédiatement de l'organisation d'une série de visites dans les grandes villes et les principaux centres miniers afin de créer, dans l'opinion publique, une agitation en faveur des grévistes. A ce moment, il n'était pas encore question de la venue des députés dans le Pas-de-Calais et dans le Nord. Mais l'attitude agres-

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