La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

MOUVEMENT SOCIAL 371 par le bureau de statistique, il y a, dans la capitale de l'Autriche, au moins 90,000 personnes entassées dans des logements insalubres et remplis à l'excès. » Cette situation a fini par émouvoir le docteur Friedjung et une partie de ses coirègues du Conseil communal et les a décidés à introduire une proposition tendant à faire construire par la ville des logements hygiéniques et à bon marché pour la classe ouvrière. » La ville de Vienne vient d'entrer en possession d'une grande étendue de terrains occupés précédemment par des remparts. C'est la deuxième fois qu'elle donne une plus grande extension à son périmètre. Lors du premier agrandissement, la vente des terrains avait rapporté 60 millions de Florins qui avaient été affectés exclusivement à la construction de boulevards, de monuments et de bâtiments pour les grands corpi politiques; pas un groschen n'avait été utilisé à relever la situation de cette partie de la population qui travaille et qui souffre. » Le docteur Friedjung et ses collègues font remarquer que cette fois encore la ville se trouvera en présence de recettes extraordinaires auxquelles le budget ne fait correspondre aucune dépense courante et ils insistent pour que cet argent soit consacré à une œuvre qui soit vraiment d'utilité publique., En conséquence ils ont déposé la propositions suivante : » 1° Un fond spécial sera créé au moyen de l'argent provenant des terrains des remparts ou au moins au moyen de la moitié de son argent. » 2° Ce capital sera employé à la construction, sur la périphérie de la ville, de petites maisons économiques et spécialement de maisons ouvrières qui, par extension de la loi du 9 fèvrier 1892, seront exemptes de toute contribution et dont les loyers seront déterminés de manière à ne pas accordés au capital un intérêt supérieur à 2 1/2 p. c. » 30 Ces maisons seront louées en premier lieu aux employés inférieurs de la ville et aux ouvriers travaillant au service de celle-Ili; le cercle des locataires sera ensuite étendu. >' 4° Les intérêts rapportés par le capital seront affectés à la construction d'autres maisons ayant la même destination. ' » Voilà un exemple qui devrait être imité par toutes les municipalités. De même que l'alimentation, le logement devrait être un service public même dans une organisation sociale individualiste comme la nôtre. La moindre obligation de la société à l'égard de ceux qui la compos.ent, est de les nourrir, de les habiller et de les loger. Ce devoir est tellement bien senti que là où elle ne peut pas faire autrement, la société s'y conforme strictement et généreusement. » N'a-t-elle pas ses orphelinats pour les enfants ptivés de l'assistance de leurs parents, ses hospices pour les vieillards auxquels l'â~e ne permet plus le travail, ses asiles d'aliénés et ses prisons pour les

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