La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Co11ciliatio11et arbitrage. - Voici le résumé des constatations relevées par le B11l!eti11de l'Office du Travail, après le vote de la loi sur l'arbitrage facultatif: Au cours de 1893, 104 conflits collectifs ont été soumis aux conseils d'arbitrage. Sur ce nombre, 53 recours ont été adressés par les ouvriers, dans 48 cas les juges de paix sont intervenus d'office. Les patrons ont refusé dans 41 cas de se rendre à la convocation qui leur était adressée. A la suite de ces refus, 26 grèves ont continué, dont 1 1 se sont terminées à l'avantage des ouvriers, les 15 autres à leur désavantage. Le Congrès des mineurs tenu à Sin-le-Noble, le 26 novembre 1893, décida qu'il y avait lieu d'organiser dans le bassin des comités permanents de conciliatio• et d'arbitrage sur le pied d'une parfaite égalité entre patrons et ouvriers. Le Congrès transmit ce vœu aux sept compagnies de la région, mais aucune d'elles n'avait répondu à fin décembre! li résulte de communications faites par la voie de la presse, que le silence des compagnies provient de ce qu'elles ont jugé les conseils d'arbitrage et de conciliation comme des parlottes inutiles, impuissantes à prévenir les grèves et que tout était pour le mieux dans l'organisation actuelle. A ces piteux arguments le Bulletin répond par des données précises, à l'étranger et notamment en Belgique, sur le fonctionnement etl'incontestable utilité des conseils d'arbitrage et de conciliation. /nstitntions de prévoyance. -Toujours d'après le Bulletin de l'Office d1i Travail: Les versements à la caisse nationale d'épargne représentent une somme de 388,088,103 francs. Les remboursements se sont élevés à 294,521,967 francs, l'excédent des versements sur les remboursements est donc 93,566,136 francs. La Caisse nationale des retraites pour la vieillesse a reçu, en 1892, des versements s'élevant à 37. 779,984 francs. La moyenne par versement a été de 38 francs. L'outillage. - En 1842, la longueur des voies ferrées était de 4,000 kilomètres, elle est actuellement de 38,300 kilomètres. Le nombre d'établissements possédant des moteurs à vapeur était en 1842. de 32,000; il était de 477,000 en 1892. La force motrice s'est accrue, pendant le même espace d'années, de 9 millions :;16 mille chevaux-vapeur. Cette augmentation colossale de la force motrice, combien ne représente-t-elle pas d'ouvriers sans-travail, jetés sur le pavé, et qui malheureusement augmentent quelquefois l'armé6 du crime!

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