La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE 21 3 grèves ont frappé un seul établissement. - 18 de 2 à 5, - 9 de 6 à 10, - 1 de 11 à 25, - 3 de 26 à 50, et 17 un nombre inconnu mais supérieur à l'unité. Les journées perdues par les 47,903 grévistes réunis, et par les grévistes putatifs, s'élèvent à 920,000 environ, dit le statisticien officiel qui ne parait pas avoir un grand souci de la précision arithmétique. Les dix-sept industries qui ont vu éclater ces conflits sont ainsi réparties : agricultures et forêts, - c'est l'affaire des bùcherons du Cher et de la Nièvrè, chère à M. Viger, - 6 grèves et 21 5.ooo journées perdues ; - les mines, 15 grèves et 255,000 journées ; - les carrières, 5 et 6.010 ; - les produits alimentaires, 4 et 10,000 ; - les industries chimiques, 3 et 130 ; - les industries polygraphiques, 5 et850: - les cuirs et peaux, 14 et 35.000; - les industries textiles proprement dites, 79 et 82.000 ; - le nettoyage et le travail des étoffes, 5 et 900 ; - l'industrie du bois et de la tabletterie, 23 et 35.ooo ; - les usines métallurgiques, 7 et 17.000 ; - le travail des métaux ordinaires, 27 et 23.000; - le travail des métaux nobles et la fabrication d'objets de prix en métal, 15 et 46.000 ; - la construction et la canalisation, 32 et 29,000 ; - les entreprises de chemins de fer, 1, et 60 ; - les entreprises de transport de chargement et de déchargement, 14 et 125. ooo. Le département du Tarn vient en tête pour le nombre des journées perdues, et en enregistre 240,000 ; - le Cher vient au second rang avec les bûcherons. pour 170,000 ; la Seine avec 150.000 ; - la Nièvre, à cause des bùcherons, avec 100,000 ; - le Nord avec 60,000 ; le Loir-et-Cher, 26,000 ; - Loire, 21 .ooo ; - !'Hérault, 17.ooo : - la Marne 11.000 ; - la Seine-Inférieure, 11.ooo ; - l'Aisne, 7,500 ; - la Loire-Inférieure, 7,ooo ; l'Indre-et-Loire, 6,800. Les départements qui n'ont pas eu de grèves sont : l'Ain, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Cantal, la Charente, la Corrèze, la Côted'Or, la Creuse, la Drôme, l'Eure-et-Loir, le Gers, les Landes, la Haute-Loire, le Lot, 13 Lozère, la Manche, la Meuse, l'Orne, le Puy-de-Dôme, les Basses-Pyrenées, la Haute-Saône, la Saône-et-Loire, la Sarthe, la Haute-Savoie, la Seine-et-Oise, les DeuxSèvres, le Tarn-et-Garonne, le Yar, la Vendée et la Vienne. Quelquesuns de ces départements sont cependant industriels et adonnés aux opinions révolutionnaires et subversives. La plupart du temps, les grèves ont des causes multiples, car les ouvriers profitent très logiquement de l'occasion pour formuler des revendications de divers ordres. Aussi, on ne peut indiquer que les motifs principaux, lesquels peuvent être déterminés comme suit :

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