.. REVUE DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE 353 Pour : H. Céard et l'Evènement, Catulle Mendès et !'Echo de Paris avec une fantaisie en vers. Contre : Francisque Sarcey et le Temps. Cette question littéraire n'est pas sans importance. Elle se subordonne à· une question plus générale : l'internationalisme. On se demande s'il n'est pas d'un mauvais patriote de s'occuper des choses étrangères. Il n'est pas de notre compétence, comme on dit, de juger des chefs-d' œuvre français, anglais ou allemands. Il faut pourtant avouer qu'il s'écrit de bonnes choses un peu partout. Un bon allemand, disait Gœthe, déteste les Français, mais boit volontiers du vin de Champagne. Un bon français, disons-nous, peut goûter même la poésie allemande, qu'elle soit de Gœthe et de Heine qui ont l'immense avantEge d'être morts, ou qu'elle soit de Max Hollée, de Erich Hartleben, de Félix Hbllaender, d'Hermann Bahr, de Gérhardt Hauptmann, qui ont le tort, avec bien d'autres, d'êtres vivants. Ce qu'il nous faut noter bien au-dessus de ces querelles, de purs littérateurs et de dramaturges, c'est la croissante pénétration mutuelle des esprits par-delà les frontières. La Freie Biihne de Berlin, qui est l'organe de la jeune littérature allemande est intéressante à ce point de vue. On y trouve des études fort sympathiques sur les artistes et les écrivëlins français de ces dernières années. La courtoisie est réciproque. On ne peut que s'en féliciter. La dernier numéro de Freie Bühne [nous apporte, toujours à ce même point de vue de large esprit critique et de fraternité intellectuelle, une bien curieuse étude de J. O. Bierbaum sur le Pamphlétarisme. L'auteur y découpe les articles des Francisque Sarcey allemands, dont Max Nordau fait un peu partie. Zola, Daudet, Haraucourt, Villiers de l'Isle-Adam, Rollinat y sont traités, en Allemagne exactement comme sont traités en France Max Hallbe, Hartleben, Hollànder. Voilà, je crois, sans entrer dans le détail technique de quoi trancher la question de l'importation étrangère. PIERRE Boz. 23
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