ANCIENS CONSEILS 339 Elle en fut surprise, efîarée, exaspérée, cette pauvre bourgeoisie, -comme si on ne \"eùt pas prévenue depuis lon~emps. Aussi avec quelle ardeur elle fusilla ces gueux de communistes, quand la bataille de juin fut gagnée et avec quel empressement ceux-ci lui rendirent la pareille, trois ans après, au mois de décembre, en la laissant écraser et fusiller à son tour ! Pauvre Baudin, pauvres républicains, pauvres démocrates. vous avez ~oldé le compte des massacres et des transportations de 18.iS I Estce que ce ne sont pas toujours les bons qui payent pour les autres ? Les autres, ils se sont, pour la plupart, ralliés à l'Empire. Tant que le lion a eu ses ongles et ses dents, ils se sont courbés devant lui. Ils ont tout accepté, tout subi, la rage au cœur, le sourire aux lèvres : restauration du suffrage universel, qu'ils avaient voulu abolir; confiscation des libertés politiques si chères à la bourgeoisie; extension des libertés commerciales si nuisibles aux intérêts d'une industrie routinière et souvent factice, qui ne pouvait vivre qu'en imposélnt aux consommateurs, droits d'association, de réunion et de coalition accor- • dés aux travailleurs contre leurs anciens seigneurs et maitres; guerres européennes et expéditions lointaines; milliards de dettes accumulés par les villes et par l'Etat. Tout cela a été acclamé par cette grande bourgeoisie qui criait tout haut : " Vi\'e l'Empereur ! >' et l'appelait tout bas ,, socialiste>', la pire injure ! Chose étrange! Ce furent les ouvriers des grandes yilles, Paris en tête, qui tinrent rigueur à l'Empire, malgré ses avances et ses actes. Par un sens politique remarquable en ce temps de désarroi général, ils envoyèrent aux Chambres, pour combattre l'absolutisme, des hommes simplement libéraux, de purs bourgeois, indiffére11ts ou hostiles au socialisme, mais forcés par leur mandat populaire de se montrer plus socialistes que le pouvoir. Depuis la Commune, la vague s'est enflée; la République qui de\'ait tout apaiser, tout concilier, tout résoudre, n'a rien apaisé, rien concilié, rien résolu. L'idée communiste travaille toujours les masses ouvrières. L'antagonisme du travail et du capital, s'affirme plus nettement et va plus loin que jamais. Nous sommes loin du ,, droit du travail, >~ et de ,< l'impôt sur les riches. » On parle maintenant de ,< liquidation sociale, ~ un pétard à effet ramassé dans l'arsenal de Proudhon qui s'entendait si bien à tirer des paradoxes en l'air pour effrayer les bourgeois. Paradoxes, non-sens, folies, tout ce qu'on voudra; ce n'est pas avec ces mots qu'on se débarrassera du socialisme. Les besoins qu'il révèle, les tendances qu'il exprime, ne sont ni des paradoxes, ni des non-sens, ni des folies. C'est la question dejnstice sociale, que ce siècle
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