LA REVUE SOCIALISTE s'éterniseront dans leur misère sans rien tenter pour en sortir : Rondet trouvera toujours qu'il y a une dernière mise en demeure à faire au Parlement, aux pouvoirs publics ..... ,< Ainsi, grâce à Rondet, les mineurs du Centre et du Midi laisseront écraser leurs frères du Nord et du Pas-de-Calais, puis se feront battre en détail, si toutefois leur secrétaire fédéral ne parvient pas à les endoctriner encore pour l'inaction. » O!-loi qu'il en ait été des intentions prêtées au citoyen Rondet, une certaine agitation commença à se manifester dans les régions houillères du Centre et du Midi. Le 20 septembre, même, les mi~eurs de Graissessac se mettaient en grève, bientôt suivis par ceux de Camplong et du Bousquet d'Orb, dans le bassin de !'Hérault. Mais le mouvement de solidarité s'arrêtait là. Les autres syndicats se bornaient à se prononcer à de plus ou moins énormes majorités pour le principe de la grève générale, et, le 25 septembre, les Agences d'informations communiquaient aux journaux le document ci-après, résumant les résolutions prises, le 24 septembre, à Saint-Étienne, par les comités des fédérations départementale et nation~e des mineurs : Les Fédérations dép:1rte111entale et nationale des mineurs, réunis le '.!4 septembre, regrettent que leurs camarades du Nord et du Pas-de-Calais se soient engagés dans une grève pour des questions absolument locales. Elles auraient préféré les voir agir sur les questions générales, traitées et acceptées par le Congrès national de la Ricamarie en 1892 et ses précédents auxquels les citoyen5 Basly et Lamendin ont pris part. Reconnaissant qu'il leur est matérielle•nent impossible de suivre les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais dans leur mouvement, elles passent à l'ordre du jour. Pour la Fédération nationale, RONDET. Pour la Fédération dép:utementale, PHILIBERT. Ce même jour, 24 septembre, les mineurs de Carmaux, après avoir adopté à l'unanimité le principe de la grève générale, estimant « que le moment de se mettre en grève n'était pas venu », se contentaient de voter des secours en argent à leurs camarades de Graissessac et du Pas-de-Calais. Donc, moins de solidarité encore entre les mineurs du Nord et du Midi, qu'entre les mineurs du Nord et les i~~ineurs belges. D'un autre côté, désaccord absolu entre les syndicats qui, malgré toutes les fédérations nationales et internationales. malgré les rapports fréquents entre les secrétaires ne paraissait avoir aucun plan d'action commune, aucune unité de vues. Il importait de mettre ces faits en évidence. On répète trop aisément que les mineurs sont puissamment organisés. Certes, les groupements sont constitués. Individuellement, ils ont joué leur rôle et
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