LA GRÈVE DES MINEURS LAGRÈVEDES·MINEURS DU NORD ET ou· PAS-DE-CALAIS IV Qµelle est la situation au mois de septembre? Du côté des compagnies, les préoccupations sont graves. La surproduction a encombré le marché et avili les prix de vente. Ce n'est pas sans inquiétude qu'on voit approcher l'époque de l'année où se traitent les affaires importantes. On se rend compte qu'il est urgent de suspendre l'extraction coùte que coùte. La grève des mineurs angfais, en diminuant la concurrence, doit permettre, d'ailleurs, d'écouler assez rapidement les stocks et d'aboutir sans trop de p~ine à un relèvement des prix. En outre les compagnies ne seraient pas fàchées de mettre à profit les tendances ultra-réactionnaires du gouvernement afin de donner, d'accord avec lui, une « bonne» leçon aux ouvriers qui vien. nent de réélire Basly et Lamendin, député5. Le Président du conseil des ministres, M. Dupuy, n'a pas reculé devant un coup de force pour fermer la Bourse du travail de Paris. Il y a lieu d'espérer qu'il ne se montrera pas, le cas échéant, plus scrupuleux vis-à-vis du syndicat des mineurs. Si on pouvait faire d'une pierre deux coups : démolir l'association ouvrière tout en améliorant la situation commerciale, l'opération serait alors doublement fructueuse. Du côté des bouilleurs, l'irritationest à son comble. Depuis le commencement de l'année la baisse des salaires a été constamment en s'accentuant. Il faut travailler comme quatre pour arriver à faire péniblement une journée à peu près raisonnable. Les chefs deviennent de jour en jour plus exigeants, plus autoritaires. Pour un rien on menace de rendre les livrets. Les réclamations ne sont plus accueillies. 19
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