La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

MOUVEMENT SOCIAL 233 Pour la Ligue Intransigeante Socialiste, les citoyens Boicervoise' Elie May, Moreau, Valéry et Planteau; Pour la Fédération française de la Libre-Pensée, les citoyens Adam, Fleury, Pasquier, Queillé et VaudémontLa ConférencePaul Lagarde. - En voici le résumé par le directeur lui-même des cours populaires de l'Institut d'Etnnographie comparée « Malgré la campagne de tracasseries et de calomnies, entreprise par le préfet de la Seine, à l'instigation des cléricaux et des opportunistes du sixième arrondissement, contre l'enseignement populaire supérieur de l'Institut d'Ethnographie Comparée, à cause de son caractère franchement socialiste et athée la seconde conférence du cours public et gratuit sur !'Evolution religieuse dans les différentes races humaines avait attiré, à la bibliothèque ouvrière du sixième arrondissement, 34 rue Dauphine, un grand nombre de personnes. Faute de place, beaucoup d'auditrices et d'audieurs n'ont pu entrer. En se basant sur une foules d'exemples empruntés aux récits des voyageurs anciens et modernes, le citoyen Paul Lagarde, rédacteur à la Revue Socialiste du regretté Benoît Malon, a exposé les diverses phases traversées par le fétichisme et la sorcellerie chez les primitifs de l'ancien et du nouveau continent. D:ins la conférence d'ouverture des cours de cette année, le citoyen Henri Galiment avait tracé le tableau général de l'évolutjon religieuse dans l'Humanité. Notre ami Paul Lagarde a étudié spécialement la première phase de celte longue évolution. Le faichisme découle de la crainte de l'inconnu et du sentiment de dépendance vis à vis de forces supérieures à l'organisme humain. C'est ainsi que des maitres comme Darwin, le D' Régnard, Herbert Spencer, et le professeur Letourneau, de l'Ecole d'Anthropologie, ont établi le point de départ de la religiosité. L'homme primitif bien que doué d'une intelligence rudimentaire pense et a conscience de ses actes. Pour lui, toutcequi se trouve en mouvement dans la nature, tout ce qui échappe à sa mentalité, est amené par une pensée analogue à la sienne. L'homme a créé les premiers dieux à son image. P:ir exemple, comme il atteint les ·animaux avec une flèche, il s'imagine que l'éclair qui traverse le ciel n'est qu'une flèche lancée par un être tout puiss:mt. L'homme redoute les divinités sorties de son cerveau. Aussi, pour apaiser leur colère et se les rendre plus favorables il leur offre des sacrifices. C'est ainsi qu'ont débuté le culte et la sorcellerie chez les races humaines préhistoriques. Mais plus rusés que les autres membres de la tribu, les sorciers trouvent de bonne heure, dans la pratique des sacrifices, un moyen habile de vivre aux dépens de la collectivité. Ainsi commença la domin:ition des prêtres sur les groupes ethniques. Les spiritualistes affirmenl, contrairement à l'opinion des matérialistes que l'homme seul possède la religiosité. Dans sa conférence d'ouverture, le Directeur de l'Institut d'Ethnographie Comparée, a ruiné ce sophisme en prouvant l'existence d'une religiosité élémentaire chez le chien notamment. D'ailleurs comment peut-on sérieusement nier l'animisme primitif puisqu'aujourd'hui on en découvre, à chaque pas, des survivances mème chez les peuples

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