La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTÈ )' Est-ce donc " comme Italiens>' que nos ouvriers sont détestés et maltraités, aussi bien en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Amérique, en Australie qu'en France? Non pas. La question est plus générale. ,, Des faits qui se passent en France, il résulte cette conclusion : que ce ne sont pas les seuls Italiens qui ont été et qui sont encore persécutés pour cause de concurrence dans le traYail. La crise dont il s'agit n'est pas particulière à la France; elle ne porte pas sur l'ouvrier italien plus que sur tout autre ouvrier étranger. On tente en vain d'y greffer une question de patriotisme et de politique. Je puis conclure ceci : toutes les fois que la concurrence aiguë éclate entre travailleurs, les questions de race, de religion, de politique, de culture, sont subordonnés à un facteur principal : le facteur économique. Les causes sont partout les mèmes et les effets aussi. >' Quel remède à cette concurrence générale du travail dont la chasse à l'italien n'est qu'un cas particulier?" Une législation sociale. un office du travail, non pas seulement national. mais international. L'initiative en a déjà été prise, il y a plusieurs années, par la République Suisse, reprise par l'Allemagne; tôt ou tard, les peuples et les gouvernements denont la reprendre. Espérons que ce sera avec une meilleure fortune. Les représentants attitrés de la ProYidence divine. pape, empereur, n'y ont pas réussi. Les représentants du droit humain et du droit social y réussiront sans doute mieux. >' Pierre Boz. Institutrice, roman par MADAMEGEORGESRENARD. Ce roman intértssera tous ceux que préoccupe la condition des humbles. Il étudie la situation souvent humiliante, toujours délicate et ;. dangereuse faite à la jeune fille pauvre qui est obligée, pour vivre et faire vivre les siens, de vendre son savoir et les belles années de sa jeunesse aux enfants d'une famille riche. C'est une des faces de la multiple question sociale. La Revue Socialiste publiera prochainement une étude de cette œuvre si lucide de style et de pensée. L'abondance desmatières a forcé l'ajournement de di1;ers articles, notamment: LE co~GRÈS INTERNATIONAL DES CttEMI:'\S DE FER par notre ,imi et collaborateur Jaclard; - LE CONGRÈS CooPÉRATISTE DE GRENOBLE par Henry Va11démont; - la traduction d'i"n très intéressant rapport 11uenous a'Vait adressé Jlllle Clémencede Zangré sur L'Acnnn: PARLE- ;\IE:\"T.\IRE DE LA FR.\CTION SOCIALISTE DU REICHSTAG ALLEMAND. - De plus la H.EvcE • ocIALISTE s'est assuré le précieux concours de noumeaux et hninents colla/Jorateurs. Dés auj01"rd'hui no1ts sommesen mesure d'annoncer des études sociologiques par MM. DEGREF:F et CoLAJANNI; - ·une série d'artitles sur la fü:FORME nEs CoDES par RExt: V1vIAN1, député; - une Plude sur L' AssISTA~CE PUBLIQUE par le D' Du sors, conseiller municipal dePa1·is; -une étude du BuoGET DE LA V1LLF. oE PARIS var son rapporteur au Conseil ninnicipal, PIERRE BAUDIN.

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