700 I.A REVUE SOC!ALISTE dehors la houille qui alimente ses hauts-fournaux? Ce serait plus que la ruine, ce serait la famine. Pour conjurer le danger, les propriétaires de mines tinrent conseil. A la force ouvrière, ils se flattèrent d'opposer une force pour le moins équivalente. Ils fondèrent la Coal ov.mers' Association. Armée contre armée, coalition du nombre contre coalition des capitaux, on allait partir en guerre. Dans cette lutte, qu'on prévoyait sans merci, implacable, qui l'emporterait? A la première occasion on pouvait s'attendre à ce que les armes partiraient toutes seules. Cette occasion ne se fit pas attendre. Au mois de mars de l'année 1892, les propriétaires miniers d'Ecosse, puis ceux de Cardiff, ceux de Durham, ayant décidé une réduction de 7 ½ qo, la grève générale est proclamée. Les mineurs sont vaincus. L'été dernier un nouvel attentat se prépare. Ce n'est plus de 7 ;~ 0ô qu'il s'agit, mais de 25 % . De cette manière, les salaires seraient ramenés, avec un supplément dérisoire de 5 '. 1 0 , au niveau de 1888, c'est-à-dire à un taux de famine. Les maitres charbonniers assurent que la baisse du prix du charbon rend inévitable cette réduction. Il est vrai qu'un changement important s'est produit dans les dernières années. Les hauts prix de vente de 1 890 ont eu pour résultat de pousser les houillères à augmenter leur production, et de mettre entre leurs mains les fonds nécessaires pour créer de nouveaux puits. Aussi le nombre des mineurs s'est rapidement accru. De 526,277 en 1887, il s'est élevé à 664,300 en 1892; ce qui constitue une augmentation de 138,023, soit environ de 25 1/o. La totalité des salaires payés aux mineurs avait donc~augmenté d'autant. Les propriétaires miniers ont imaginé d'économiser cette augmentation et de payer 664,000 mineurs le même prix que 526,000. Le procédé est sans doute ingénieux. Etait-il imposé par les circonstances, c'est-à-dire par le prix du charbon, rabaissé par la surproduction? Dans une correspondance qu'il adressait à la Q;testion sociale, de Bordeaux, Léo Meillet a donné les chiffres publiés par le Board of Trade. En 1887, la tonne de charbon valait à l'exportation 8 schillings 3 pence, soit 10 fr. 30. En 1892, elle valait 11 schillings ou 13 fr. 75, soit une hausse de 2 schillings, 9 pence ou 3 fr. 40 par tonne. Cette élévation de 33 1/o existait encore au mois de juin 1893, allant, suivant la loi économique, pour 30 ~~ ou 1 fr. par tonne, au travail, et laissant, comme d'habitude, au capital sa part du lion, environ 701/o. Les mineurs n'étaient pas disposés à se laissertondre sans protester. La Fédération ayant consulté ses adhérents, ceux-ci ont répondu sans hésiter : « Pas de réduction! plutèt la guerre que la soumission! '> Le comté d'York a voté à l'unanimité pour la grève; le Derby a voté dans le mème sens par 20.000 voix contre 47; le Nottingham par 14.084 contre p. De tels résultats sont d'autant plus significatifs qu'ils ont
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