La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

()1 ' LA REVUE SOCIALISTE dats n'ont pas été élus, ce que l'on comprendra aisément lorsque l'on saura qu'en Suede le régime du cens fleurit dans toute sa splendeur et qu'il faut, pour y ètre électeur, justifier d'un revenu annuel d'au 1110111s ôoo couronne,;. Par conséquent, l'élection n'a pas même été une renie des forces socialistes, mais plutôt une expérience pour mesurer le degré de peur que le socialisme inspire aux bourgeois. A ce point de vue, les résultats ont montré quïl y a progrès au profit de nos idées: les candidats socialistes ont recueilli un plus grand nombre de voix qu'au~~ élections précédentes. A Stockolm le candidat Hjalmar Branting a obtenu 4 p \'Oix dans la s•· circonscription et ses trois autres compagnons de lutte obtinrent 280 ,·oix dans d'autres circonscriptions. L'ad,·ersaire de Branting, John Olsson. un libéral, grand mangeur de socialistes, n'eut pas plus de ï I j \'Oix. On jugera des progr~s faits par nos idées, en considérant qu'en 1ô90, Branting n'obtint que d:b ,·oix et qu'en 1892, à une élection partiellc.·il en eut 323. A Malmoe:;. le parti a gagné 20j suffrages; le candidat Axel Daniclssolhn en a recueilli 509 (contre 1009 donnés à son adversaire), alors qu'en 1890. il n'en avait eu que 302. En général les campagnes ont mieux donné que les ,·illes en fa\'cur des candidats socialistes. L'élection a été surtout une défaite pour les libéraux qui, dans ces d.:!rniers temps. ont été plus préoccupes de combattre les socialistes que de tenir tête aux consen·ateurs. NORVEGE I.e s,·ptic11;co11grèsocialiste. - Le patri socialiste norwégien \'ient de tenir son septième congrès national, sous la présidence du docteur O:::car Nissen. Le parti compte ;6 associations, ayant neuf mille membres. Le rapport lu au Congrès entr.:! dans de grands détails sur l'alliance qui a,·ait été conclue, aux dernières élections pour le Storthing, avec le partit radical. Cc dernier avait pris l'engag~ment de voter au Parlement en fa,·eur du suffrage universel. Cette promesse lui avait valu l'appui des socialistes et l'élection de ses candidats dans un grana nombre de districts où il n'aurait pas réussi sans cette intervention. Les élections terminées, les socialistes ont été bernés comme ils le seront chaque fois quand ils s'en rapporteront à d'autres pour la réalisation de ieurs aspirations; les radicaux n'ont eu rien de plus empressé que de ne pas tenir leurs engagements. Le congrès a décidé - quand les socialistes des autres pays suivront-ils cet exemple? -de ne comp-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==