La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE et dont k parti ra.iical-socialiste est mémç enchanté. Ce rejet est la <routte d'eau qui fait déborder la coupe; aussi. allons-ncus assister à t> une campagne énergique sur toute !"étendue de la Grande-Bretagne contre la Chambre des Lords. Gladstone l'a ouverte hier (27 septembre) à Edimbourg. d:ms un splendide discours objurgateur qui va donner le la au concert de reproches et d'accusations dont les lords Yont se trouYer accablés. Dans ce discours. Gladstone déclare qu'il ne dissoudra pas le Gouvernement. que son devoir est de rester à son poste pour tenir les promesses du programme de Newcastle, et, à cet effet. une session extraordinaire aura lieu en novembre pour discuter et passer deux mesures importantês que les socialistes accueilleront avec fa\'eur,à 5;.voir: la responsabilité des patrons en cas d'accidents dans les ateliers et la création décentralisatrice de conseils municipaux (de paroisse) munis de pou\'oirs autonomes pour municipaliser certains scrYices publics. La question Irlandaise bloquait la voix parlementaire; aujourd'hui la ,·oie est libre pour la discussion des mesures socialistes. Les S,111s-Tr,1<Jail. - La mesure socialiste la plus pressante est celle qui procurera du tra\'ail à ceux qui en manquent. La détresse actuelle est très grande à Londres et dans les districts houillers, et tout fait prévoir qu'elle \'a atteindre une crise aigi.ie dmant l'hiver. Laquestion est fort difficile à résoudre, par cette raison que les socialist:'!s ~uxmêmes né sont pas d'accord sur le remède. Les uns préconisent la création d'exploitations agricoles, d'ateliers municipaux, mais l'expérience de 1848 est là comme un poteau indicateur montrant que cetk voie n'est pas la bonne. Voici à cet égard l'opinion de John Burns qui s'est beaucoup occupé de la question, opinion rapportée par un interviewer dans 1ûVcstmi11stcr Gazette.,, Je songe à cette question depuis bien des années, et depuis le commencement j'ai déclaré que le problème ne pouvait être résolu en créant de nouvelles industries ou de nouyeaux ateliers pour une classe d' <, inemployés », mais en les absorbant dans les industries déjà existantes. Si vous créez de nouvelles industries. si vous établis:::ei. YOSexploitations agricoles. et si vous ou\'rez vos nouYeaux ateliers. qu'arrivera-t-il? Vous accroitrez simplement le nombre des vrais << inemployés ,,_ Car. d'un côté, vous évincerez d'honnêtes travailleurs d~ leurs métiers en leur faisant concurrence avec des ouvriers inférieurs: de l'~utre côté, les manœuvres, qui sont déjà d'un type dégradé, accroitront mutuellement leur dégradation par la promiscuité. Et qui fera règner l'ordre parmi eux? A moins d"avoir des chefs rigoureux derrière eux pour les diriger et maintenir la discipline et la juste répartition du traYail, ils ne travailleront pas .... C'est parce que je Yeux sauver les nais« inemployés>' dignes d'intérêt, que je m·opposerai à ces remèdes. Un inemployé, tout digne d'intérêt qu'il soit, est toujours faible. et il l'est fatalement, de par sa position.

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