La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

REVUE DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE tourner le révolver. Mais je me serait considérée comme une lâche, si j'ayais exercé cette contrainte matérielle, dans les circonstances morales telles qu'elles étaient. » Ce procés intenté sur la requête du ministère public, vient d'avoir son dénouement. Voici le verdict : « Ad;,.ms s'est donné la mort dans un accès de folie momentané. Le regret est exprimé que sa femme, présente au fait, ne s'y soit pas opposée. Elle est acquittée. » " Le verdict du jury, poursuit le Clarion, est une impertinence et ,, une insulte. Mais la loi est une antiquité barbare et le jury d'Angle- >' terre est composé d'hommes qui ne sont ordinairement pas très bien " doués du côté du cœur et de la cervelle. La terre vient de recevoir et ,, de clore pour toujours un brave et aimable homme. Après la fihre folle >-' de la vie. notre camarade dort son sommeil éternel. Mais b veuve " reste. A elle doivent revenir toutes les sympathies des hommes et ,, des femmes de cœur." * ** Le Ciustizia Sociale de Palerme et le Nuova !dea de Venise commentent les é\' ~nements arrivés au second congrès national du parti ouvrier Italien à Reggio Emilia. Ils notent surtout les déclarations nettement socialistes du député Enrico Ferri, bien connu de nos lecteurs comme un des prinéipaux rédacteurs de la Srnola Positiva. « Ferri dit le Ci11s- ,< fif_ia Soci,1/c, au milieu de la plus vive attention, interrompue par de « chaleureux applaudissements, a déclaré qu'il avait promis de donner « sa démission de député, si le gouvernement ne procédait pas à ,< l'exploitation sociale de trente mille hectares de terrain dans le ter- ,< ritoire de Mantoue. A l'heure actuelle, le gouvernement parait prêter ,< la main à cette besogne de peuplade de la province. Pourtant après les " déclarations faites au Congrès,· il se sent le devoir de ne pas attendre. " Il donnera sa démission da1!s le courant de l'année pour rompre les ,< derniers liens qui le rattachent, comme élu, aux partis bourgeois - ,< résolu qu'il est de présenter sa candidature nettement socialiste, sur ,< le terrarn de la lutte des classes ». De son côté le Nuova ldea de Venise s'exprime ainsi : « Il est fatal que, dans la science, dans l'art, ,< dans la littérature, les hommes les plus éminents, viennent à nous. ,< En effet, le socialisme est la plus haute et la plus moderne expres- <, sion du positivisme scientifique et de la philosophie éYolutionniste. << Ça d'abord été Edmondo de Amicis, Graf, Corradino, Mortara, ,< Asturato, Morento. Voici venir le tour d'Enrico Ferri. Il a ,< franchi le Rubicon. Il aborde courageusement « à l'autre 1:ive» « - là où se comptent et s'organisent les prolétaires du monde entier. « C'est a,·ec une suprême joie de la tête et du cœur que nous inscri- " vons, dès aujourd'hui, Enrico Fern sur notre livre d'or : le livre de ,< nos maîtres et de nos apôtres >'.

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