La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

REVUE DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE siècle. Pourtant ·1esstoïciens et les chrétiens, tout individualistes quïk fussent, puisqu'on les considère comme tels, donnent la main aux socialistes. Socrate, Platon ont préparé Christ et Paul. « Platon n'a pas seu- « lement préparé le christianisme, dit Havet dans le Cbristiarus111eet « ses origines, il l'a fait. Non pas tout entier sans doute, il y fallait « encore quatre cents ans, pendant lesquels la Grèce, l'Asie et la Judée « ont concouru pour l'achever. La Grèce poussa plus avant et plus « vivement de jour en jour la critique qui devait détruire la religion « populaire. En morale elle développa principalement par ses stoïques « le sentiment de nos devoirs envers nos semblables et de la commu- « nauté humaine. L'Asie et la Judée ajoutèrent à la sagesse grecque <, l'enthousiasme de !'imagination, l'élan qui remue les hommes et « transforme les choses, la fraternité surtout qui est la vertu des per- (( sécutés, et le christianismt fut complet». L'originalité du x1xe siècle est d'avoir transformé ces théories philosophiques en théories d'Etat. La métaphysique s'est attaquée directement aux faits sociaux. Jaurès a, dans une thèse récente, donné le détail de cette transformation, en Allemagne, de Luther à Marx en passant par Kant, Hegel et d'autres. Tout ce travail aboutit à la conception du socialisme, qu'on peut aussi appeler collectivisme, les définitions de mot sont libres, ou encore communisme. li y a des nuances, mais la tendance est commune. "Aux col- " lectivistes, conclut F. Flora, ont succédé les communistes. Ces der- <, niers représentent l'omnipotence de l'Etat. Supprimée la concurrence, " l'Etat, armé du pouvoir le plus absolu, organise le travail, réali- <, sant ainsi l' équiv~lence du droit et du fait, mettant pour toujours " en fuite la misère et ouvrant à l'humanité une ère indéfinie de pros- <, péri té matérielle et morale ». :::;- * ::iLe New- York .Cosmopolitan, cité par le Justice de Londres, donne des détails intéressants sur le séjour, en Amérique, du célèbre poète norwégien Bjornstjerne Bjornson, et sur son entrée dans la vie politique et sociale. ,, C'est en 1873 que Bjornson émergea comme un carac- « tère politique. C'est alors qu'il souleva cette terrible agitation qui aboutit enfin au régime parlementaire en Norwège. La lutte pour la " pleine coordination avec la Suède, qui est encore en progrès tempé- <, tueux, a aussi été en grande partie précipitée par la puissante agita- " tion de Bjornson. Il est difficile d'en prédire l'issue. Comme les idées <• américaines, sans aucun doute, entrèrent plus ou moins dans cette <, longue et rude campagne, il est intéressant de noter que Bjornson « passa environ dix mois aux Etats-Unis dans l'automne et l'hiver de « 1880-81. j'étais son compagnon la plupart du temps et voici quel- (( ques-uns de mes souvenirs : Le pays lui causa une profonde désillu- « sion, il était si différent de ce qu'il imaginait. Prédisposé, comme il

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