La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

MOUVEMENT SOCIAL 497 du Temple, 94, a décidé, à l'unanimité moins quelques voix, de consulter la dasse ouvrière sur la question de la grève générale. La fermeture de la Bourse du Travail de Paris, l'annulation du vote du Conseil municipal, allouant au Congrès corporatif 5,000 francs, et l'annulation d'un crédit de 7,500 francs à la Bourse du Travail de Lyon, sont des actes arbitraires commis par un gouvernement sans dignité et sans justice. Ce sont des crimes contre lesquels nous devons tous protester énergiquement. Et vous venez d'assister à une parodie de justice écœurante, faite en vertu de la loi de 1884, de cette loi policière, au nom de laquelle les Syndicats ont été condamnés et leur organisation dissoute. C'est tout ce que les juges à la solde d'un gouvernement qui se dit républicain pouvaient offrir aux prolétaires! ... Ab ! citoyens, s'il s'était agi de Syndicats de Garanties, manipulant des millions pour acheter juges députés ou sénateurs, autre aurait été le jugement ! Le Panama, du reste, vous fournit un bel exemple. Le machinisme fait de vertigineux progrès, élargissant de plus en plus le cercle de misère pour bientôt nous étreindre tous. L'armée des Sans-Travail s'augmentant tous les jours, bientôt elle sera assez puissante pour mener à la victoire la Révolution sociale. Quand les nôtres, las de cette situation intolérable se révoltent et cessent le travail, c'est par centaines qu'on les emprisonne, quand on ne les fusille pas comme à Fourmies. Vis-à-vis de cette situation, il ne nous reste plus que la misère ou la mort. Travailleurs, debout ! En avez-vous assez de cette vie d'esclave? Voulez-vôus continuer à être chair à machine, quand YOUS ne serez pas chair à canon, et vos épouses et filles chair à plaisir ? Voulez-vous travailler pour vous, et non pour ceux qui vous font rendre eau et sang ? Voulex-vous des améliorations sérieuses à votre situation ? Voulez-vous vivre en travaillant ? Le million de travailleurs organisés, représenté au Congrès national des Chambres syndicales, a répondu à toutes ces questions par un oui énergique. Votre devoir, citoyens, est d'appuyer de toutes vos forces le vote émis en faveur de la Grève générale, seule arme que nous ayons à notre disposition, sans faire couler le sang précieux des travailleurs. Il faut que par la Grève générale, nous fassions rendre gorge à tous nos exploiteurs. C'est pourquoi la Commission, nommée par le Congrès et adjointe à la Fédération des Bourses, pour former le Comité d'organisation de la Grève générale, s'adresse à vous, Organisations syndicales et Groupes corporatifs, pour que vous lui facilitiez la besogne afin de pouYoir prendre en main la défense du Prolétariat. • Vive la Grève générale ! LE COMITÉ DE LA GRÈVE GÉNÉRALE. DISPOSITIONS Le vote doit être organisé dans toute la France par les soins des Syndicats. 23

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==