La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LE PARTI INDÉPENDANT DU TRAV Ali. EN ANGLETERRE 4 3 existent pour le moment. Il y en avait déjà quarante-sept à l'époque de la conférence de Bradford. Cette conférence, en effet, et la Fédération qui en est sortie, sont le résultat d'un mouvement qui a sa vie propre. Déjà, depuis un certain nombre d'années, des partis indépendants du travail ont été formés sur plusieurs points <ie l'Ecosse et de l'Angleterre, à Glasgow, Bradford, Manchester, Huddersfield, etc ... Les hommes venus cette année à Bradford n'avaient pas simplement à se dire : cherchons les moyens de nous faire élire aux prochaines élections! Ils consacraient, généralisaient un état de choses, reposant sur une base déjà établie. Ces partis locaux vivant par eux-mêmes sont la force la plus grande de la Fédération, du Parti indépendant du Travail. Ne chercheront-ils pas par contre à faire acte de trop de liberté vis-à-vis du comité exécutif, n'auront-ils pas individuellement de trop grandes exigences? -C'est ce que l'avenir nous apprendra. Pour se faire élire en Angleterre, comme du reste sur le continent, il faut de l'argent, mais les députés anglais ne recevant aucun traitement ont d'autant moins de facilités pour payer leur élection. On croit que le ministère libéral actuel fera voter le paiement des députés; en tout cas, il était de première nécessité pour le Parti i11dépe11dantdn Travail, de se constituer des fonds. Chaque parti lccal est tenu de verser annuellement au comité exécutif trois deniers par membre; en outre des meetings, des conférences, une active propagande sont organisées en vue d'une caisse générale d'élections. Les partis locaux peuvent dans leurs circonscriptions disposer, comme ils l'entendent, des fonds qu'ils récoltent; mais le co.mité exécutif a seul le pouvoir de distribuer les sommes de la caisse générale. Cette distribution ne créera-t-elle pas des rivalités, des jalousies entre les différents partis locaux, suivant qu'elle aidera les candidats des uns, et laissera de côté les candidats des autres? C'est, tout au moins, ce que l'on doit craindre. Il faut reconnaître cependant que par son organisation fédérative, par la grande liberté laissée à ses subdivisions, le Part, indépe11da11fdnTravail a tout fait pour éviter les froissements, les tiraillements entre les différents corps qui le composent. Et cette organisation sans contrainte venant d'un pouvcir central, est aussi seule capable d'assurer au nouveau Parti le plus grand nombre d'adhérents. Dans un pays qui tient avant tout à ce qu'on appelle la liberté, bien des gens acceptent de faire partie d'un corps local, se développent dan~ la région où ils vivent, qui n'accepteraient pas d'être administrés par des individus établis à Londres. Le Parti indépendant dn Travail a eu d'autant plus de raisons de tenir compte de pareils sentiments, qu'il est une organisation politique où les individualités sont toujours portées à jouer un trop grand rôle. Pour entrer dans son organisation, le Parti indépendant du Travail, demande simplement que le nouveau venu s'engage à ne pas soutenir

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