La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LES LOIS SOCIOLOGIQUES duelle et celle des formes de la vie collective ou de l'Etat ; celui-ci n'est pas l'antithèse, mais la synthèse des individus. » N'est-il pas profondément suggestif de voir ainsi l'enquète scientifique aboutir toujours en dernier lieu, à la notion d'unification de tous les facteurs sociaux dans une individualisation collective dont nous avons tous en nous-même plus ou moins vaguement le profond et indéniable sentiment? N'est-ce pas ce que nous exprimons couramment sous le nom d'instinct de conservation de l'espèce ? Pouvons-nous méconnaitre que nous assistons précisément à une sorte d'éveil de ce sc11s social qui semble sortir du long sommeil où les conceptions erronées et trompeuses du mysticisme et de la métaphysique avaient plongé la pauvre humanité? Bien que le désir de marquer les droits de la science sociale à l'existence nous semble entrainer l'auteur à exagérer certaines différences entre les corps organisés supérieurs et les organismes sociaux qu'il appelle, pour cela. des superorganismes, nous souscrivons pleinement ,, à sa conception réaliste des organismes qui n·est ni autoritaire, ni individualiste». Pour en saisir la nature, il ne faut pas s'arrèter à l'observation superficielle des agrégats les plu-; complexes : on doit s'attacher à tirer de l'analyse de ces agrégats un élément commun à tous les phénomènes sociologiques et qui ne se rencontre pas dans ceux qui forment les sciences antécédentes. " Le concours social mutuellement consenti, soit d'une façon purement automatique ou réOexe, soit instinctivement, soit d'une manière raisonnée et même méthodique : Voilà donc ce qui distingue essentiellement tout organisme social de tout organisme individuel. >' Partant de lil, l'auteur montre toute l'importance du contrat dans l'organisation et l'évolution sociale, depuis le concours purement organiquè, rél1exe, automatique, jusqu'aux formes de contrats les plus librement consenties de nos sociétés modernes, par exemple dans la formation des syndicats professionnels. 1, Le progrès social n'est ni vers la liberté, ni vers l'Etat et la loi, ,< il est basé sur l'assentiment inconscient ou non, d:!s individus ou " agrégats d'individus intéressés." (/Hfr. à la Sociologie, p. 147). ,< La socialisation de plus en plus spéciale et coordonnée des forces collectives est la loi d'évolution progressive des sociétés. A leur origine comme à celle de la vie animale, tous les membres de la société remplissent les mêmes fonctions et leur organisation rigide et à peine sociale, soumise aux variations, tant améliorantes que destructives, des agents les plus généraux de la nature, est homogène. Cette diffusion uniforme est tout le contraire d'une société, tous les membres ont l'exercice apparent des mêmes droits et des mêmes devoirs, mais en réalité, ils ne font que remplir le mème office et le despotisme à leur égard est un progrès. L'erreur de certains socialistes qui recherchent d:ms les sociétés primitives la légitimité, par exef pie,

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