LA REVUE SOCIALISTE A ces lettres et télégrammes de sympathie, il faut ajouter les nombreux témoignages de regrets émus que vinrent apporter en personne, 104, rue de Colombes, les nombreux amis et admirateurs de Benoît Malon. Ils y furent reçus, en attendant l'arrivée de Mme Malon, partie huit jours avant pour Cannes, - et en l'absence de Rodolphe Simon que les mesures de circonstance retenaient au dehors, par M. Jean Malon frère du défunt et par Amilcare Cipriani qui ne quitta pas la • chambre mortuaire pendant les trois jours funèbres qui s'écoulèrent depuis le décès jusqu'au jour des obsèques. où le ciel lui-même a semblé vouloir pleurer et se revêtir d'un crêpe nuageux. Le dimanche 17 septembre, à 8 h. 1/2 du matin eut lieu la levée Ju corps au milieu d'une assistance déjà nombreuse, malgré le long parcours de 3 h. 1/2 qu'il fallait suivre jusqu'au Père-Lachaise. Néanmoins l'imposant cortège ne se formera véritablement qu'à la place Clichy, pour se dérouler ensuite, sans mcident jusqu'au Père Lachaise, à travers une double haie de curieux sympathiques, qui ira en s'épaisissant surtout sur les boulevards populaires de La Villette, Belleville, et Ménilmontant, - et des rangs de laquelle se détachent de temps en temps un citoyen, qui trouve encore le moyen de surcharger le corbillard d'un bouquet de plus. Le cercueil placé sur le corbillard des pauvres fut immédiatement et presque complètement caché par les couronnes et les bouquets. Seul resta découvert l'endroit où fut mis l'écharpe rouge à glands d'or, qui rappelait l'ancien membre de la Commune , - et immédiatement en dessous de cette écharpe la couronne de la démocratie socialiste d'Allemagne et du Vorwœrts. De chaque coté du corbillard marchent une vingtaine de porteurs de drapeaux rouges enveloppés de leurs gaines. En tête du cortège prennent place le~couronnes ( 1) del' Intransigeant et de la Revue Socialiste. Puis derrière le corbillard, les couronnes de la Petite R/p11hliqueFrançaise, Ju journal O Scculo de Lisbonne. de la Oucsfw11 Socù1le, et de divers syndicats ouvriers et groupes socialistes. Venait ensuite une voiture contenant Mme Vve Benoit Malon et les personnes qui lui furent si religieusement dévouées. - Enfm le deuil était conduit par M. Jean Malon, frère du défunt, ayant à ses cotés les citoyens RoJolphe Simon et Gustave Rouanet, et su1v1 de tous les collaborateurs de la R~vue Socialiste présents à Paris, Fournière, ( 1) Trois couronnes venues du Parti Ouvrier de Bruxelles, du Comité francoitalien de Toulon et du Cercle progressiste des Travailleurs de la Vienne, sont arrivées aprc, les {un-:railies. Elles seront portccs au Pere-Lacha;se ,i l'inauguration du monumcn: ']~i ,l'ra élevé à Benoit Malon.
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