LA REVUE SOCIALISTE suite à l'éx:1gératio:1 d::! leur système, néglige:rnt avx u_n p:uti pris très visible tout d~\·elopp~rnent scénique n~cessaire à la clarté de l'action, découpant les faits seuls, quels qu'ils fussent, en tranches •si rnenues. sans aucun lien entre elles, que la plupart de leurs pièces. malgré d·évidentes beautés et des passages superbes, sont derneurées obscures, et, en quelques points, brutales sans raisons. Ainsi, dar:s les deux car,1ps rivaux. des causes diamétralement opposées ont produit dïdentiques résuJtats : les uns pèchant par excès de rhétorique et de clinquant, les autr-2s poussant l'amour de la vérité jusqu'à n'ètre plus vraisemblables ! Ces enseignernents ne seront pas perdus pour le théàtre socialiste. ~0:1 éclosion sera hàtée, fatalement. par le sentirnent très net du rôle de dupe que, au thé:Hre cornme ailleurs, le peuple a constamment joué. Toujours on s'est servi de lui, de la force immense dont il dispose pour surprendre sa con11ance et organiser des succès dont le peu de duré~ a bien prouvé le peu de consistance. Il est temps de donner à sa vie, sur le théàtre. la pbce qu·elle mérite d·occuper ! de rnontrer, au grand jour de la scène, les efforts qu'il fait pour obtenir, dans notre société, le rang auquel il a droit. c'est-à-dire le premier. L'écrivain dramatique n·aura donc pas à chercher une formule nouvelle. Elle s'imposera à lui, pour peu que ses instincts d'artiste lui aient mis au cœur l'amour de cette liberté morale et matérielle, - la liberté de vine et !a liberté de penser - dont nous sornmes encore trop éloignés! Il sentira qu'à notre époque inquiète, tourmentée par les inconnues qui se dressent devant elle. frémissant sous le joug capitaliste. d'autant plus odieux: que, la plupart du temps, il demeure anonyme, il faut un théâtre viril. débarrassé des rnièvreries des Pailleron, des Lernaitre ou des Lavedan. introduisant bravell)ent sur la scène les problèrnes sociaux les plus pressants, sous toutes les formes qu'ils revètent. toutes les péripéties de la lutte engagée entre l'esprit de progrès et de réformes. et les ré:.ctions récalcitrantes. Et c~rtes, il ne devra p:is borner là sonaction. Ilélargirasa conception, la fera si grande. que toutes nos rnisères y po~1rronttrouver place, toutes nos plaies y pourront ètre étalées sans détour. palpitantes de vérité et d·horreur; les parasitisrnes cyniques, les exploitations éhontées, tou::-. les égoïsrnes et toutes les lùchetés formant la base de nos relations sociales. Le champ est si vaste des sujets d'études qui s'offriront à lui. qu'une énumération mème soigneusement établie, risque d'en laisser quelques-uns dans l' 0111 bre. Car, à côté de la question purement éconorn1que. que d'abus à détruire, que de réformes de tout genre à soutenir! L'organisation de la famille, à tirer de son étroitesse et à refondre sur des assises plus larges; la régénération sociale de l'amour, -rendu presque impossible, de nos jours. par de ridicules entraves: -une impulsion de plus en plus active à imprimer au mouvement qui emportera \
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==