La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

RE\ ..CJE DE~ LLY REi-\ ïti.i gracien,: petit l'Olume de <!<lntestristes. tristes, parce que tous ils nou» content al'ec une élégante sobriété plusieurs des mille et. une misère:. ou tares de la l'ie. Ces nouvelles f0urmillent de détails ps_ychologiques discrètement indi,1ués. notamment chez les gens de la campagne ou de la " hasse classe>. - Chacun de ces croquis est un bitn brossé tableau dn genre. où personnage, el paysages sont trt's habilement dessinés et groupés a1ec heaucoup d'art. et de goût. Ue conclusion socialiste, de moralité sociale nettenwnt formulée, il n"y en a pas. l'auteur n'étant pas un pédant; mais le choix cks sujets, la manière dont ils sont présenté,;. quelques rares phrases personnelles à. l'auteur trè, naturellement amenés, tout concourt à une miséricordieuse impression d'ensemble. Et. l'on sort. de cette lecture pkin d~ pitié et de désir pour mieux ,·ivre pour les autres, en proie à nn ,·ague mais suggestif besoin de rêver à une société où de pareilles mis~res morales ne seraient pins possibl,•s. Contes I opulaire~. par Charles Tétard. - llihliotMque de l'.lrt Srwial, 3, impasse de Béarn. - Prix : 1 fr. :2;1, Bernier a écrit pour les grandes personnes. \'oici. maintenant, des contes pour les enfants, et ce ne sont pas les moins socialistes, au contraire. - La Cont•e,·sion d'.lnd,·,J Save11ay, de notre ami Ueorges Renard, a été le premier roman socialistJ. \'oici le, premiers contes socialistes pour les enfants ; ou plutî,t le premier liHe de contes socialistes. car, dans le roma,1 de :'Il. Georges llenard, André en conte lin fort joli à la petite :\laclelcine. Certes. à regret. nous ne conseillons pas aux instituteurs de lire ces contes en classe et de les commenter pendant les heures consacrées à l'instruction cil'ique et morale. Ils seraient. rhoqués. Cependant nous serions très heureux que quelques-uns lrs lisent; et, là où les municipalités sont socialistes. peut-être n'oserait-on pas -s'en prend,·e aux instituteurs qui auraieut le courage de s·en inspirer dans leurs leçons sociales. Papas bourgeois, achetez-les à ,·os enfants, afin qu'il del'iennent moins rébarbatif. aux idées révolutionnaires du socialisme; papas ouvriers achetez-les aussi, car ,·ous ne pourrez trou,·er langage plus simple pour inculquer à ,·o~ enfants des sentiments socialistes. J'ai lu et fait lire a1·ec le plus grand plaisir les six charmantes petite'! noul'elles enfantines de cc petit !il're d'éducation socialiste. ;'sous regrettons bien d'arnir à y constater des tendances anarchistes: mais peu importe; a\'ec l'âge \'ient la con,·iction raisonnée, le socialisme conscient. Pas de morale à la Berquin, pa~ de recommandations de simple charité; la justice sociale par le eollecti\'isme est nettement posée et expliquée, et cela d'une façon si simple, si doucem~nt insinuante qu'elle ne peut manquer de s'infiltrer dans les jeunes esprits qui liront cc ,aleureux opusculd, tout empreint à la fois de grâce enfantine et du tourment de la question sociale. Oh! nous sommes sûr que, comme l'un de ses petits héros, l'auteur a pleuré« les larmes du juste pleurant de,·ant l'injustice. > Adrien YEBER.

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