La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA BIENFAISANCE EN HOLLANDE 711 aménagés. La cuisine, ah! comme elle est resplendissante avec ses fourneaux, sa batterie de cuivre rouge et jaune, ses beaux dressoirs avec leur vaisselle du siècle dernier. La salle du Conseil où siègent les administrateurs est d'un grand effet: meubles en chêne noirci par le temps, luisant comme de l'ébène, garnis de cuivres ciselés. Aux murailles, une vingtaine de tableaux du XVII• et du XVIII" siècles: ici, les portraits sévères des fondateurs et des fondatrices; là, des scènes représentant l'admission des orphelines et des orphelins. Ils ont grand air tout à fait, ces notables de la République hollandaise qui tinrent si fièrement tête à la maison d'Autriche et au Roi Soleil. En route pour l'un dei, faubourgs! Nous suivons un canal à l'eau dormante où se reflète la frondaison de tilleuls séculaires. Tout le long, des bateaux aux ventres énormes peints en noir et en blanc, d'où surgissent les maisonnettes aux volets verts, aux fenêtres masquées par des géraniums rouges; ils sont chargés de tonnes de sacs de pommes de terre, de caisses, d'objets mobiliers. En Hollande les bateaux font office de camions, de voitures de roulage, au grand bénéfice de la circulation des rues. Nous voici dans un établissement pldlanthropique de pauvre et morne apparence. Au rez-de-chaussée, un petit réfectoire sombre, de mauvaises tables en bois pour les gueux qui viennent s'inscrire pour passer plusieurs nuits clans deux dortoirs sous les combles: d'un côté, une trentaine de misérables couchettes munies d'une paillasse et d'une couverture ; d'un autre côté, même nombre, pour les femmes. Notez qu'en prenant la soupe, ils et elles paient 10 centimes. C'est l'asile. Dans un petit logement contigu au premier étage, des « logements garnis ». Logements ! - une chambrette avec un lit en sapin, à peine équarri, une table et une chai:,e. Il y en a 30, - ni plus ni moins. Location mensuelle: 15 francs. Au rez-de-chaussée une salle de restaurant et un estaminet. Moyennant 90 centimes par jour, la société «philanthropique» octroie aux pensionnaires, le matin, du café et une beurrée ; à midi, un maigre plat de viande et un énorme plat de pommes cieterre ou de riz.Vous franchissez un petit couloir: là, quelques baignoires. Le bain coûte 20 centimes. Je vous laisse à faire le calcul du rapport quotidien. M. Tours nous dit, avec candeur, que la Société réalise un assez beau bénéfice. Singulière philanthropie, en vérité ! De là, fouette cocher ! à l'un des deux hôpitaux, situé dans un un deo beaux quartiers. L'hôpital, plein de verdure, planté de beaux arbres, renferme quatre cents lits. En somme, propreté merveilleuse, soins médicaux et chirurgicaux très sérieux, service ambulancier à donner

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